Sorties cinéma: On est fait pour s’entendre, le déni des troubles auditifs

Dans On est fait pour s’entendre, Pascal Elbé aborde dans un sujet personnel - la perte de l’ouïe - avec distance et humour.

Pascal Elbé dans On est fait pour s'entendre
© France Télévision

Prof célibataire, Antoine est un sourd qui s’ignore, auquel un ami va ouvrir… les yeux. Les appareils auditifs vont transformer sa vision du monde, l’ouvrir aux autres et en même temps lui faire regretter la bulle dans laquelle il était enfermé avant. Le troisième film réalisé par Pascal Elbé est inspiré de sa propre histoire. “Ce film n’est pas cathartique, explique-t-il, mais l’histoire est proche de la mienne dans les étapes: le déni, l’appareil qu’on casse, ce travail qu’on doit faire sur soi. Le métier de comédien, ce n’est que de l’écoute. Donc le jour où je n’ai plus pu, j’ai été voir un ORL.

La surdité d’Antoine est le prétexte à raconter une rencontre amoureuse avec Claire (Sandrine Kiberlain), une veuve qui tente de sortir sa fille du silence dans lequel elle s’est enfermée. “Le point commun entre tous ces personnages, c’est qu’ils ont perdu quelque chose. Il y a une absence chez chacun d’eux. Comme dans les tableaux d’Edward Hopper, qui était sourd comme un pot! Tous ses personnages sont dans la solitude absolue. Ils ne se regardent jamais, ne se parlent pas. On n’est pas loin de la société d’aujourd’hui, où on est tous ultra-connectés et où il n’y a jamais eu autant de gens aussi seuls.” Le cocktail que nous a préparé Elbé est un équilibre réussi entre douceur et piquant, comédie et sentiments. Il est à souligner que le travail sur le son est particulièrement soigné. À voir au cinéma, donc.

*** On est fait pour s’entendre, réalisé par Pascal Elbé. Avec Pascal Elbé, Sandrine Kiberlain, Valérie Donzelli, François Berléand – 93’.

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