Ghostbusters, Julie… Les sorties cinéma à ne pas manquer (ou à éviter)

Une suite digne de ce nom, le retour de Jane Campion, un portrait contemporain... La rédaction a sélectionné les nouveaux films à ne pas manquer (ou à éviter) cette semaine.

Julie en 12 chapitres
@ Oslo Pictures

Ghostbusters: AfterLife

Après quatre films qui n’ont pas connu le ­succès, Ivan Reitman signe une comédie de science-fiction sur un scénario écrit par Dan Aykroyd et Harold Ramis. Nous sommes en 1984: Ghostbusters est né et va connaître un succès phénoménal. Après une suite en 1989 avec la même équipe et une série animée pour la télévision, les chasseurs de fantômes font place aux superhéros. Ils entrent au musée, deviennent cultes. Et ce n’est pas le remake féminin, sorti en 2016, qui va raviver l’intérêt pour la franchise. Il a fallu que Jason Reitman, fils d’Ivan et ­réalisateur entre autres de Juno en 2007, et son ami (et coscénariste) Gil Kenan s’emparent à nouveau de cette histoire pour lui donner une suite digne de ce nom.

*** Réalisé par Jason Reitman. Avec Finn Wolfhard, Mckenna Grace, Carrie Coon, Paul Rudd – 124’.

Julie (en 12 chapitres)

Depuis son prix cannois, elle est devenue aussi connue que son compatriote l’écrivain star Karl Ove Knausgaard: “La Norvège est un petit pays. Je suis devenue une fierté nationale”, s’amuse Renate Reinsve, 34 ans, actrice désormais la plus en vue de son pays, qui a grandi à la campagne dans un milieu “où personne n’aimait le cinéma” et a débarqué à Oslo pour faire du théâtre. “J’avais besoin d’un milieu plus libéral.” Fan de Charlotte Gainsbourg pour sa manière de “plonger dans la tristesse” (elle regarde Antichrist de Lars von Trier pour se donner de l’inspiration avant de monter sur scène) comme de Timothée Chalamet (“sa lumière m’inspire”) ou David Lynch pour ses “jeux avec l’inconscient”, Renate Reinsve s’est jetée à corps perdu dans le rôle de Julie, jeune trentenaire symbole d’une génération qui traîne son intranquillité entre deux hommes et des choix impossibles. “Notre génération porte un paradoxe. Nous avons tellement de choix que ça devient difficile de choisir d’avoir un enfant ou pas par exemple. Aujourd’hui à trente ans, on grandit encore. Je me suis sentie directement connectée à Julie.”

Dans ce portrait contemporain qui résonne au féminin avec le Oslo, 31 août réalisé par Trier il y a dix ans, on suit donc Julie hésitant entre deux hommes, écrivant des articles érotiques (“peut-on être féministe et aimer se faire baiser dans la bouche?”), résistant à la procréation, vivant des contradictions existentielles, devenant photographe, découvrant qu’elle aime vivre seule, traversant sa mélancolie devant les ciels d’Oslo et puis devenant un peu la ville elle-même. Une belle rencontre de cinéma.

*** Réalisé par Joachim Trier. Avec Renate Reinsve, Anders Danielsen Lie, Herbert Nordrum – 128’.

The Power Of The Dog

Plusieurs films de la plateforme (The Power Of The Dog, le nouveau Sorrentino Hand Of God et Don’t Look Up avec Leonardo DiCaprio) sortiront en salle en décembre avant leur diffusion sur Netflix. Présenté au dernier festival de Venise, quatre ans après la sublime série Top Of The Lake et trente ans après La leçon de piano, Jane Campion suit la rencontre entre un cow-boy toxique (exceptionnel Benedict Cumberbatch) et un jeune homme secret, unis par le mariage improbable de la mère de l’un (Kirsten Dunst) avec le frère de l’autre. De cette union étrange, Campion tire une fable angoissante sur la virilité mortifère et les attractions impossibles. À découvrir absolument en salle donc, puis sur Netflix le 1er décembre.

*** Réalisé par Jane Campion. Avec Benedict Cumberbatch, Kirsten Dunst, Kodi Smit McPhee – 128’.

Haute Couture

Esther va prend Jade sous son aile et lui apprendre un métier. Deux générations, deux solitudes et un récit de transmission. Sylvie Ohayon (Papa Was Not A Rolling Stone, 2014) réussit à nous parler d’identité, d’inclusion et d’acceptation de la différence. Elle signe aussi des dialogues ciselés qui fondent dans la bouche de ses excellentes interprètes, Nathalie Baye et Lyna Khoudri en tête. Ses images sont enfin un bel hommage à celles que l’on qualifie trop vite de “petites mains”.

** Réalisé par Sylvie Ohayon. Avec Nathalie Baye, Lyna Khoudri, Pascale Arbillot – 101’.

France

Chauffée à mort par son assistante (“T’es la plus grande journaliste de France, France”), une star du JT tente de trouver sa personnalité tout en faisant monter l’audimat, entre déraillages en plateau, reportages parmi les djihadistes et vacillement moral. Bruno Dumont creuse ici le sillon de la satire politique et sociale ouverte depuis Ma Loute, avec des person­nages ouvertement outranciers (Léa Seydoux grimaçante et sublime en prédatrice vulnérable et Blanche Gardin affreusement cynique – “dans une carrière le pire c’est le mieux”). Dommage que la satire des médias et du diktat de l’apparence bascule dans une mystification amoureuse qui apparaît comme relativement vide devant la succession des rebondissements sans queue ni tête qui forment ce déroutant portrait de femme.

* Réalisé par Bruno Dumont. Avec Léa Seydoux, Blanche Gardin – 134’.

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