Sorties cinéma: Julie (en 12 chapitres), symbole d’une génération

On a rencontré l’actrice norvégienne Renate Reinsve, prix à Cannes pour Julie (en 12 chapitres). Une pure révélation.

Sorties cinéma: Julie (en 12 chapitres), symbole d’une génération

Depuis son prix cannois, elle est devenue aussi connue que son compatriote l’écrivain star Karl Ove Knausgaard: “La Norvège est un petit pays. Je suis devenue une fierté nationale”, s’amuse Renate Reinsve, 34 ans, actrice désormais la plus en vue de son pays, qui a grandi à la campagne dans un milieu “où personne n’aimait le cinéma” et a débarqué à Oslo pour faire du théâtre. “J’avais besoin d’un milieu plus libéral.” Fan de Charlotte Gainsbourg pour sa manière de “plonger dans la tristesse” (elle regarde Antichrist de Lars von Trier pour se donner de l’inspiration avant de monter sur scène) comme de Timothée Chalamet (“sa lumière m’inspire”) ou David Lynch pour ses “jeux avec l’inconscient”, Renate Reinsve s’est jetée à corps perdu dans le rôle de Julie, jeune trentenaire symbole d’une génération qui traîne son intranquillité entre deux hommes et des choix impossibles. “Notre génération porte un paradoxe. Nous avons tellement de choix que ça devient difficile de choisir d’avoir un enfant ou pas par exemple. Aujourd’hui à trente ans, on grandit encore. Je me suis sentie directement connectée à Julie.” Dans ce portrait contemporain qui résonne au féminin avec le Oslo, 31 août réalisé par Trier il y a dix ans, on suit donc Julie hésitant entre deux hommes, écrivant des articles érotiques (“peut-on être féministe et aimer se faire baiser dans la bouche?”), résistant à la procréation, vivant des contradictions existentielles, devenant photographe, découvrant qu’elle aime vivre seule, traversant sa mélancolie devant les ciels d’Oslo et puis devenant un peu la ville elle-même. Une belle rencontre de cinéma.

*** Réalisé par Joachim Trier. Avec Renate Reinsve, Anders Danielsen Lie, Herbert Nordrum – 128’.

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