The French Dispatch, Antlers… Les sorties ciné à ne pas manquer

Un thriller hybride, de l'horreur métaphorique, un film wes-andersonnien... La rédaction a sélectionné les nouveaux films à ne pas manquer cette semaine.

the french dispatch

Last Night In Soho

Nous trimballons tous quelques “fantômes” dans nos bagages. Ellie, c’est le souvenir de sa maman qui la hante au point qu’elle souhaite vivre le même rêve qu’elle: tenter sa chance à Londres et suivre des cours de stylisme. Mais dans la chambre un peu pourrie que lui loue une vieille logeuse, d’étranges phénomènes surviennent, une fois la nuit venue. Last Night In Soho est une série B de luxe, un film de fantômes soigné qui dresse des ponts entre le Londres d’aujourd’hui et celui des folles années 60, avec deux guest stars de l’époque: Diana Rigg et Terence Stamp. Le film a aussi une réelle dimension féministe qu’on ne spoilera pas ici. – E.R.

*** Last Night In Soho, réalisé par Edgar Wright. Avec Thomasin McKenzie, Anya Taylor-Joy, Matt Smith – 116’.

Antlers

Quand l’horreur au cinéma se résume à de l’hémoglobine et de la cruauté, voire du sadisme, elle ne sert pas à grand-chose. En revanche, lorsque l’horreur est signifiante, ça devient intéressant. Comme dans l’étonnant Antlers, film qui raconte une histoire de cannibalisme dans une petite ville minière de l’Oregon dont les forêts alentour sont peuplées de légendes. L’horreur est ici métaphorique de beaucoup de choses: une région dévastée par le chômage, la vengeance de la nature, le portrait d’une Amérique qui, à force de bouffer les autres, finit par se bouffer elle-même mais aussi, les abus que le monde des adultes fait endurer à celui de l’enfance. Mention spéciale à Jeremy T. Thomas, l’époustouflant gamin du film. – E.R.

*** Antlers (Les affamés), réalisé par Scott Cooper. Avec Keri Russell, Jesse Plemons, Jeremy T. Thomas, Amy Madigan – 99’.

Même les souris vont au paradis

Depuis la fable médiévale Le roman de Renart, on connaît l’impact du récit animalier sur les imaginaires. Ici, après un malencontreux accident, un goupil pas si rusé et une petite souris pas si craintive se retrouvent au paradis des animaux pour affronter leurs préjugés réciproques et découvrir l’importance de la tendresse et de l’amitié. À travers d’amusantes marionnettes animées en stop motion (une centaine de marionnettes et près de quatre-vingts décors animés image par image), le duo de réalisateurs Jan Bubeniček et Denisa Grimmovà fait ici revivre l’âge d’or de l’animation tchèque (après-guerre les studios de Prague étaient censés concurrencer Walt Disney), à travers une fable métaphysique et ludique en partie achevée (pour la partie 3D) dans les studios d’Annecy, capitale du film d’animation. Partez découvrir avec eux la forêt des forêts, peuplée de perroquets spectaculaires, d’un renard amical et d’une petite souris extraordinaire (et pas genrée), à partir de six ans. – J.G.

*** Même les souris vont au paradis, réalisé par Jan Bubeniček et Denisa Grimmovà – 84’.

The French Dispatch

Le dernier-né de Wes Anderson est plus proche du recueil de nouvelles que du roman. The French Dispatch est un assemblage de trois courts-métrages ayant pour fil conducteur l’antenne française d’un journal américain dont le rédacteur en chef (Bill Murray) vient de casser sa pipe. Malgré le style caractéristique du cinéaste américain qui donne une unité à l’ensemble, ce patchwork est très inégal. Sort du lot la formidable histoire d’un peintre (Benicio Del Toro) et de son modèle (Léa Seydoux) qui a lieu dans un milieu pour le moins inattendu. Pour le reste, ce sont de petits moments de bonheur qui émergent çà et là, mais c’est trop fugace pour satisfaire totalement le spectateur admiratif du cinéaste. Même le casting d’enfer n’y peut rien. – E.R.

** The French Dispatch, réalisé par Wes Anderson. Avec Bill Murray, Timothée Chalamet, Léa Seydoux, Benicio Del Toro, Frances McDomand – 108’.

SpaceBoy

Décrocher la lune” n’est pas qu’une expression abstraite pour le jeune Jim, 11 ans, dont le papa est astrophysicien et qui, dans son école, a du mal à trouver sa place. Lorsqu’il découvre que son père lui a menti et qu’il ne participera pas à la mission spatiale qui était prévue, Jim profite d’un concours scientifique scolaire pour imaginer une montgolfière qui atteindrait les sommets. Mais entre les parents et les concurrents, la partie va être serrée. SpaceBoy est un film “jeune public” bourré de bonnes intentions mais inégal, écrit et réalisé par Olivier Pairoux, figure bien connue de la télé belge, plus à l’aise dans l’univers des enfants que dans celui des adultes, brossé de manière trop caricaturale. – E.R.

** Spaceboy, réalisé par Olivier Pairoux. Avec Jean-Benoît Ugeux, Yannick Renier, Albane Masson, Basile Grunberger – 100’.

La Famille Addams 2: Une virée d’enfer

La famille Addams est un concept formidable parce qu’il permet de tirer à boulets rouges sur la famille et sur l’époque. En télé ou au cinéma, en live action ou en animation, il y a toujours quelque chose à se mettre sous la dent. C’est le cas pour cette Virée d’enfer qui sous-titre le deuxième film d’animation mettant en scène Gomez, Morticia et leur clique monstrueuse. Même si le scénario tient sur un ticket de cinéma, il reste que ce film réserve son lot de bonnes répliques et deux scènes qui sortent leur épingle du jeu: un concours de mini-Miss qui ne se termine pas comme prévu et une séquence musicale où Lurch, sosie de Frankenstein, entonne I Will Survive dans un saloon rempli de bikers. Plaisant.

** Addams Family 2: Une virée d’enfer, réalisé par Greg Tiernan et Conrad Vernon – 93’.

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