Gilles Vandeweerd: «avoir un premier grand rôle, c’est une grosse satisfaction»

L’acteur liégeois est ravi d’être en vedette de la nouvelle série d’Arte, même s’il confie que l’interprétation de son personnage était loin d’être une tâche aisée.

@D.R.

Pour la fin mai, Arte a dévoilé sa nouvelle production composée de six épisodes de 12 minutes: «Le Somnambuliste». En tête d’affiche, on retrouve le Liégeois Gilles Vandeweerd, qui incarne ici le rôle de Simon, un trentenaire en perte de repères à qui il arrive de plus en plus de choses bizarres. Un jour, cet Alsacien se réveille dans la forêt située près de chez lui, puis dans un cercueil, sur une route, etc. Simon doit se rendre à l’évidence: il est somnambule. Mais ses mésaventures sont tellement étranges qu’il se demande s’il n’est pas frappé d’un mal encore plus profond.

Pour Gilles Vandeweerd, jouer dans cette série au format particulier a été un réel plaisir. Mais en même temps, incarner Simon lui a demandé un très gros effort d’interprétation, au point d’affecter son quotidien.

Pour la première fois, vous décrochez un premier rôle dans une série. Comment vous vous sentez par rapport à cela?

Gilles Vandeweerd: Le fait de me donner un premier rôle, c’est un peu une confirmation qu’on me fait confiance. C’est sûr que pour moi, c’était une grosse satisfaction. C’est pour ça que je travaille et que je fais ce métier. Avec des rôles secondaires, on peut avoir l’impression de ne pas avoir l’occasion de développer à fond le personnage et donc une petite frustration. Je crois que je n’ai jamais fait autant mon travail qu’avec « Somnambuliste ».

Mais c’est sûr qu’ici, c’est un autre rapport. C’est différent parce que j’ai senti plus de choses reposer sur moi, d’autant plus que dans cette série-ci, même s’il y a d’autres rôles, c’est vraiment celui de Simon qu’on suit du début à la fin. J’étais là durant tous les jours de tournage et c’était très intense. Ça a donc été un travail en plus par rapport à ce que j’avais l’habitude de faire. Je l’ai approché de manière tranquille mais avec une concentration que je n’ai pas pu quitter pendant un mois et demi, d’autant plus que c’était un rôle assez épuisant à tenir. Ma chance, c’était qu’on a tourné pratiquement dans un ordre chronologique.

Incarner un personnage qui se demande de plus en plus s’il est fou, est-ce que cela a été compliqué pour vous?

G.V.: J’ai essayé de ne pas regarder trop de choses sur la folie et de ne pas m’inspirer de ce que d’autres comédiens ont fait en interprétant cela. Je ne voulais pas d’une base théorique mais que cela vienne de moi. Par contre, j’ai beaucoup travaillé sur le manque de sommeil car c’est ça qui, avec la solitude, le rend fou. Le but était aussi de me laisser moi-même surprendre et de perdre un peu le contrôle de ce que je fais. Quelque part, ça m’a plu de voir à quel point je pouvais me laisser envahir par ce rôle. Je termine d’ailleurs le tournage complètement à l’ouest et épuisé. J’étais même déprimé le soir et je n’arrivais plus à avoir une pensée logique. Je sentais que je devenais complètement cinglé. Je ne dormais pas beaucoup et j’étais dans une bulle pour pousser cette recherche du rôle le plus loin possible. Même physiquement, mon corps a été abîmé et j’ai eu des migraines pendant trois semaines. Ce que l’on voit, c’est la vraie folie de Simon.

Une folie mais qui est racontée de façon originale.

G.V.: Oui, la série parle d’un thème qui est peu abordé et ce de manière novatrice. On mélange beaucoup de styles: humour, thriller, presque du fantastique, etc. Cela amène du drôle sur un thème qui est en soi lourd. Pour moi, cette série apporte un vent frais, ce qui se reflète même avec le fait de voir l’Alsace. Il y a un vrai cachet et quelque chose de très imagé. Les obstacles que Simon rencontre dans la vie peuvent aussi parler à beaucoup de personnes. Son histoire est une sorte de métaphore de la difficulté de trouver sa place dans la société et je pense que pas mal de jeunes peuvent s’identifier à cela.

Outre le personnage de Simon et le scénario, le format de la série est lui aussi particulier.
Travailler sur une série ou un long-métrage, c’est déjà différent. Mais ici, il y a en plus la difficulté de l’évolution du rôle et de la forme narrative en 12 minutes. Puisque c’est très court, il faut vraiment y aller! Le rythme est donc hyper dynamique. C’est une nouvelle forme et il fallait bien gérer.

Est-ce que vous pensez que ce format dynamique pourrait plaire au public en se distinguant de ce qui se fait d’habitude?

G.V.: C’est pour moi une grosse question. Comment cela va être perçu ? Je pense que cette rapidité a ses bons côtés, même si cela laisse moins de place à des moments de respiration. Une partie du public, surtout chez les jeunes, aime consommer en vitesse des contenus dans les transports par exemple et du coup, c’est un format qui marche très bien. Ces vidéos assez courtes rendent le genre encore plus accessible. Ce que je me demande par contre, c’est de savoir s’il ne va pas y avoir une sorte de petite frustration d’avoir seulement six fois 12 minutes. C’est très vite regardé.

Si le succès est au rendez-vous, savez-vous si une suite est prévue?

G.V.: Ce qui est sûr, c’est que ce sont les téléspectateurs qui décideront. Si le retour est positif et que les gens montrent leur envie d’avoir une suite, évidemment la discussion sera ouverte. Mais pour le reste, je ne peux pas m’avancer.

Quels autres projets avez-vous?

G.V.: Au début, j’avais prévu de consacrer mon début d’année au théâtre mais avec la crise, tout a été annulé. Normalement, je reprends un peu ça en juin mais ça va être toujours compliqué. Pour le reste, il y a une autre super série sur Arte qui devrait sortir dans les mois à venir où je joue à nouveau un gros rôle. Et à côté de cela, tout est un peu dans un entre-deux vu l’incertitude. Dans le milieu culturel, on commence à se protéger et à éviter d’anticiper.

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