To The Bone : l’anorexie selon Netflix

L’un des derniers films ajoutés au catalogue de la plateforme de vidéo pose question par rapport à son approche de l’anorexie.

To The bone, Lily Collins © Netflix

Après d’excellentes critiques au festival du film indépendant de Sundance, To The Bone est acheté par Netflix sur lequel il est diffusé depuis le 14 juillet. Ce premier long-métrage de Marti Noxon (Unreal, Girlfriends’ Guide to Divorce) raconte le parcours d’Ellen, une jeune fille souffrant d’anorexie, et sa rencontre avec un médecin non conventionnel (Keanu Reeves). 

Avant même sa sortie, le film essuyait de nombreuses critiques. On lui reprochait notamment de rendre l’anorexie glamour et attirante. Des craintes avaient aussi été émises vis-à-vis du fait que certains adolescents pourraient copier le comportement de l’héroïne et trouver des « astuces » pour maigrir dans le film. L’actrice principale, Lily Collins, avait réagi à ces critiques lors de plusieurs interviews : « les gens n’ont vu que la bande-annonce qui n’est pas représentative du film au complet ». Ayant elle-même souffert d’anorexie, elle avait également ajouté : « Je ne me serais jamais engagée dans une œuvre qui met en valeur ou encourage les troubles du comportement alimentaire. Nous voulons juste lancer une conversation sur ce sujet ».

Animer le débat

To The Bone fait en effet partie des rares films abordant cette thématique de manière sérieuse et approfondie. La volonté de la réalisatrice Marti Noxon, ayant elle aussi souffert de troubles alimentaires, est de sensibiliser le public à ce sujet et de montrer comment en parler. Aux critiques, elle rappelle qu’aujourd’hui : « tout le monde peut utiliser n’importe quelle œuvre pour justifier des actes qu’ils feront de toute façon. Cela ne veut pas dire que nous ne pouvons plus faire d’art ». 

Mais depuis sa sortie, les critiques vont plus loin en accusant le film de véhiculer des stéréotypes sur cette pathologie, le personnage principal étant une jeune fille blanche, squelettique et issue d’un milieu social confortable. Ce n’est pas la première fois que Netflix diffuse du contenu abordant des sujets délicats, voire tabous. Dernièrement, c’est la série 13 Reasons Why qui avait frôlé la polémique en provoquant une augmentation de 19 % des recherches Google aux États-Unis sur la procédure à suivre pour se suicider, avec des requêtes telles que « how to commit suicide » ou encore « how to kill yourself ».

 

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