A Monster Calls: un conte sauvage

Une fable fracassante sur les terreurs d’un enfant. 

A Monster Calls ©Prod

Chaque soir après minuit, le jeune Conor (formidable Lewis MacDougall) entre en contact avec l’arbre monstrueux de son jardin, traversant avec lui des cauchemars éprouvants mais nécessaires pour affronter un réel trop lourd à porter: la mort très proche de sa mère atteinte d’un cancer en phase terminale. Magnifiquement adapté d’un best-seller britannique de littérature jeunesse, le nouveau film de l’ultra-talentueux cinéaste espagnol Juan Antonio Bayona (très remarqué avec L’orphelinat, mais qui tourne en anglais depuis The Impossible sur le tsunami) nous a littéralement éblouis. À la fois dans le propos (un hymne à l’imaginaire de l’enfance, fût-il terrifiant), mais aussi dans la forme, quelque part entre King Kong et les aquarelles japonaises, mâtiné de Spielberg et d’un certain panache contemporain. Une puissance de mise en scène qui doit aussi beaucoup à la justesse de son casting: la très émouvante Felicity Jones (l’actrice anglaise qui cartonne dans le reboot Star Wars, Rogue One) en maman malade; une excellente Sigourney Weaver (revenue d’Alien) dans le rôle de la grand-mère trop sévère; Liam Neeson qui prête sa voix caverneuse (comme dans Le monde de Narnia) à l’arbre magique. Une fable enchanteresse et sauvage secouée de beauté et de peurs, qui touche au cœur. Plutôt à partir de douze ans.

*** A Monster Calls. Réalisé par J. A. Bayona. Avec Lewis MacDougall, Felicity Jones, Sigourney Weaver – 108’.

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