Baccalauréat, une ironie mordante et une intensité de thriller

Une fable sociale filmée au cordeau.

Baccalauréat ©Prod

Produit par les frères Dardenne (“Parce que nous avons la même conscience du cinéma”), Baccalauréat est une fable sociale filmée au cordeau qui aurait pu aisément prétendre à la palme d’or du Festival de Cannes où il était présenté cette année. Il en est reparti avec le prix de la mise en scène. Romeo (Adrian Titieni, de tous les plans), médecin en Transylvanie, ne vit que pour le baccalauréat de sa fille, Eliza. Mais la veille de l’épreuve, elle se fait agresser dans un chantier près de la fac. Sculptant en plans-séquences un décor morne, pesant comme l’avenir d’une Roumanie déçue du post-communisme où tout le monde triche, Mungiu construit physiquement l’état de délabrement moral progressif de Romeo. Homme pétri de valeurs qu’il a enseignées à sa fille et qui se voit contraint de passer par des compromissions pour accéder à son rêve. Mungiu mêle avec une acuité dérangeante, une ironie mordante et une intensité de thriller le destin individuel d’un homme conscient que ce qu’il vit n’est pas ce qu’il rêvait et l’implacable devenir d’une nation entière. Son pays. Très grand film !

BACCALAURÉAT, réalisé par Cristian Mungiu. Avec Adrian Titieni, Maria Drăguș, Lia Bugnar – 128’.

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