Tour de France, un film très doux auquel il faut faire une vraie place

Le Mohammed Ali du septième art croise un jeune rappeur. Touchant.

Depardieu ©Prod

“Tonton”, c’est comme ça que le réalisateur Rachid Djaïdani appelle Gérard Depardieu, héros du nouveau film du cinéaste-poète des quartiers parisiens, remarqué il y a quelques années avec le virevoltant Rengaine. Ici, Djaïdani embarque Gégé et le rappeur Sadek dans un road-movie émouvant et naïf à travers les ports de France, de Paris à Marseille en passant par La Rochelle. De cette improbable rencontre entre un survivant du monde ouvrier et un rejeton issu de l’immigration naissent des moments de grâce et de poésie pure. En hommage à tonton Gégé donc, immense, maladroit et tendre comme un albatros (le film cite d’ailleurs plus volontiers Baudelaire et Louis XV que les rappeurs). En hommage aussi à cette France qu’on continue d’aimer, même quand elle est au plus mal. Malgré des fragilités de mise en scène (les images tournées avec le smartphone) et parfois de jeu (le fils converti à l’islam qui posait pourtant de vraies questions), voici un film très doux auquel il faut faire une vraie place, parce que Depardieu en prolo oublié n’a rien perdu de sa superbe et que lorsqu’il prend un gamin dans ses bras, ça donne des frissons de cinéma toujours aussi énormes.

** Tour de France. Réalisé par  Rachid Djaïdani.  Avec Gérard Depardieu, Sadek – 95’.

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