Le client montre les tabous de la société iranienne

Le réalisateur d’Une séparation poursuit son exploration au cordeau de la société iranienne. 

Le client ©Prod

Contrairement à Jafar Panahi, cinéaste iranien qui ulcère la censure de la République islamique, Asghar Farhadi (À propos d’Elly, Une séparation) n’est pas un homme de conflits. Il filme l’Iran contemporain à travers des polars psychosociaux à la fois discrets et redoutables. Son credo? Placer ses personnages face à des conflits moraux impossibles, et balancer sans en avoir l’air des situations qui obligent l’Iran à se regarder en face. “Quel désastre cette ville. Il faudrait tout raser et reconstruire” dit ainsi Emad, héros en quête de justice au cœur de Téhéran aujourd’hui. Mais chez Farhadi, les personnages sont souvent doubles. Ici, Emad et Rana forment un couple harmonieux. Tous deux sont acteurs, en répétition dans la pièce de Miller, Mort d’un commis voyageur – à laquelle on assiste dans d’efficaces mises en abyme de la duplicité sociale. Leur vie bascule lorsque Rana subit une agression dans l’appartement qu’ils viennent de louer dans la capitale iranienne. Les soupçons se tournent vers l’un des “clients” de l’ancienne locataire de l’appartement, une femme aux “mœurs légères”. 

*** Réalisé par Asghar Farhadi. Avec Shahab Hosseini, Taraneh Alidoosti – 123’.

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