Mille vies valent mieux qu’une: les mémoires de Belmondo

Livre-surprise, Mille vies valent mieux qu’une raconte l’histoire d’un clown devenu héros mythique du cinéma d’auteur et super-icône populaire. Entre les lignes, le bouquin tend le miroir de notre propre mémoire.

Belmondo ©RuedesArchives

On pourra, une fois de plus, se pencher sur l’intérêt des bouquins (prétendument) écrits par des people, mais lorsqu’il s’agit des mémoires de Jean-Paul Belmondo, on s’incline et on y va tranquille. Si on peut lire Born To Run, l’autobiographie de Bruce Springsteen, comme un roman américain, on peut aborder Mille vies valent mieux qu’une comme un roman français tant Belmondo incarne l’esprit d’un pays qui s’est beaucoup montré au cinéma. C’est aussi l’histoire d’un clown au regard allumé qui n’avait qu’une idée en tête: se faire remarquer. Et si possible du plus grand nombre. Il y arrivera en devenant l’acteur numéro un au box-office français, passant d’un univers à l’autre, à la fois héros mythique dans des films d’auteur d’anthologie et super-icône du cinéma populaire.

De Belmondo à Bebel

Élève au Conservatoire de Paris où il est plusieurs fois recalé au concours d’entrée, Belmondo à 18 ans, n’est pas toujours à la hauteur et fait l’expérience de l’échec. Pire, il fait l’expérience de son physique que l’on dit désagréable. Ce nez en patate, ces oreilles en feuilles de chou, ce sourire moqueur forment un tout auquel ses professeurs (malvoyants sans doute) ne trouvent aucun charme, allant jusqu’à affirmer qu’avec un tel gabarit il ne pourrait jamais tenir aucune actrice dans ses bras. Pour rappel, Belmondo a vécu une des histoires d’amour les plus glamour des années 60 avec Ursula Andress, et puis, dans les années 70, une autre, encore plus scintillante, avec Laura Antonelli – les deux n’étant quand   même pas les derniers des sex-symbols.
Le livre raconte comment l’indiscipline de Belmondo devient sa marque de fabrique, comment les pitreries dont il se rend responsable avec la complicité d’autres zozos de talent, Jean-Pierre Marielle en tête, imposent  un garçon qui traverse Paris en jeune tourbillon. Ses premiers rôles au théâtre sont suivis, en 1958, par une première figuration dans Sois belle et tais-toi, un film de Marc Allégret où il croise un autre débutant – un certain Alain Delon, lui aussi devenu un vrai morceau de France. Avec Delon, l’amitié n’est pas toujours idéale – Belmondo lui fera un procès pour avoir placé son nom devant le sien sur l’affiche de Borsalino – mais elle symbolise les deux faces d’une même pièce – celle de l’identité du cinéma français. 

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