Réparer les vivants: un hymne à la transplantation cardiaque

Une adaptation électrique et mélancolique  d’un best-seller inattendu.

Réparer les vivants © Prod

Pour qui a lu les fulgurantes premières pages du roman multiprimé de Maylis de Kerangal, retraçant le parcours de jeunes surfeurs ridant la vague jusqu’à l’impact fatal sur la route du retour, le pari de l’adaptation est tenu. Puissant et impressionniste, le film parvient à sublimer le tragique d’une mort subite à travers le geste clinique (et généreux) du don d’organes. Un geste collectif que la jeune réalisatrice sensible aux liens familiaux (déjà remarquée avec Suzanne) analyse à travers un prisme à la fois empathique (les flash-back qui redonnent vie au jeune homme) et médical – s’entourant d’actrices ultra-émotionnelles (issues du cinéma de Xavier Dolan comme Anne Dorval en mère malade du cœur ou Monia Chokri en infirmière érotisée) et d’acteurs au charisme à la fois bienveillant et glamour (Tahar Rahim et Bouli Lanners en tandem médical, la subtile Alice Taglioni en pianiste homo, Emmanuelle Seigner et le rappeur Kool Shen en parents démunis avec une mention spéciale à Dominique Blanc impeccable en chirurgien au cœur d’or). Ce beau film choral (mais trop éclaté en seconde partie pour que la greffe prenne totalement) se regarde comme un hymne à la transplantation cardiaque. Attention, transfuges émotionnels garantis.

*** Réparer les vivants. Réalisé par Katell Quillévéré.  Avec Tahar Rahim, Emmanuelle Seigner, Bouli Lanners – 103’.


Réparer les vivants par moustique-mag

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