La Première guerre mondiale en 11 livres et films

11 novembre oblige, voici un petite florilège de romans et films pour ne pas oublier les horreurs de la Guerre 14-18.

Les sentiers de la gloire ©Prod

Le choix non exhaustif de la rédaction.

Romans

Ken Follett : " La chute des géants "

Premier et meilleur tome de sa trilogie sur le XXe siècle, le romancier gallois nous plonge dans la Grande Guerre, de ses prémices dans les salons aristocrates à ses conséquences sur les sociétés européennes en passant par les tranchées. Une fresque où se croisent plusieurs familles galloise, anglaise, allemande, russe et américaine.

Louis-Ferdinand Céline : " Guerre "

Texte inédit qui dormait parmi les manuscrits du grand écrivain controversé retrouvés en 2020, " Guerre " est un récit à moitié autobiographique et à moitié romancé écrit vingt ans après les faits. On y suit Céline, blessé en Flandres à l’automne 1914, en convalescence dans une petite ville du nord de la France. Un texte court, purement célinien, qui permet de mieux comprendre le traumatisme qu’a été pour lui " l’abattoir international de la folie ".

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Blaise Cendrars : " La main coupée "

Paru au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, ce texte écrit à la première personne revient sur l’expérience au quotidien de la Grande Guerre par Blaise Cendrars, bourlingueur du siècle industriel qui s’est engagé dans la Légion étrangère en 1914 avant de perdre son bras à la bataille de la Somme en 1915. Un récit profondément humain, où on ressent l’horreur autant que l’amitié fragile et intense qui se créaient entre les hommes du front. " Non, ce n’était pas le bon temps ; mais le bon temps d’avoir vécu ".

Ernest Hemingway : " L’adieu aux armes "

Ecrit en 1929, Hemingway puise dans sa propre expérience pour relater l’histoire d’amour entre un ambulancier américain engagé dans l’armée italienne et une infirmière anglaise. L’opposition entre la guerre et l’amour trouve son apogée lorsqu’il décrit la retraite de l’armée italienne, un passage considéré comme une des plus puissantes évocations de la guerre dans la littérature américaine.

Henri Barbusse : " Le feu "

Prix Goncourt 1916, ce récit est un des tout premiers à dépeindre la réalité de la guerre. Barbusse, homme politique et journaliste pour L’Humanité, engagé volontaire en 1914 à l’âge de 41 ans, tient un carnet de guerre où il note toutes ses expériences vécues de l’intérieur. Un carnet qui servira de base au roman qu’il écrira alors qu’il est en convalescence. Le livre paraît d’abord sous forme de feuilleton et est un succès instantané alors que les combats continuent de faire rage.

Pierre Lemaître : " Au revoir, là-haut "

" Ceux qui pensaient que cette guerre finirait bientôt étaient tous morts depuis longtemps. De la guerre, justement ". Deux Poilus se rendent rapidement au sortir de la guerre que le pays et la société ne leur feront pas de place. Après l’horreur des tranchées, c’est la débrouille dans une France qui glorifie ses morts. Ils décident alors de monter une arnaque qui prend de l’ampleur. Prix Goncourt 2013 et adaptation cinématographique aux 5 César.

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Films

" 1917 " de Sam Mendes

Inspiré par les récits que lui faisait son grand-père, le réalisateur britannique offre une fresque en un seul plan-séquence (du moins c’est l’illusion qu’il donne) qui permet de suivre l’action en temps réel – les protagonistes devant envoyer un message de l’autre côté des lignes ennemies. Un tour de force qui a été salué par trois nominations aux Oscar 2019.

" A l’ouest, rien de nouveau " d’Edward Berger

Nouvelle adaptation du roman d’Erich Mariah Remarque, ce film allemand tout juste sorti sur Netflix montre la Grande Guerre du prisme allemand – où le sentiment de lassitude face à l’absurdité et l’horreur est en tout point similaire à celui des Français ou des Britanniques. C’est la première fois qu’un réalisateur allemand adapte le roman publié en 1929. Le film a été proposé pour représenter l’Allemagne aux Oscars.

" Les Sentiers de la gloire " de Stanley Kubrick

Le brûlot de Stanley Kubrick sorti en 1957, un de ses meilleurs films, a été très longtemps interdit en France. La raison ? Il dénonce le cynisme de gradés français qui envoient les soldats à la boucherie pour leur propre gloire militaire. Pour détourner le blâme de l’échec de l’assaut, le régiment est traduit en conseil de guerre. Kubrick dénonce la réalité de la guerre : près de 600 soldats ont été fusillés " pour l’exemple " par leur propre armée. Le film fait scandale, particulièrement en France (et en Belgique) où il ne sera projeté qu’en 1975.

" Joyeux Noël " de Christian Carion

Co-production européenne sortie en 2005, le film revient sur un événement particulier de la Grande Guerre. Ce réveillon de Noël 1914 quand les soldats des deux fronts, fatigués de toute cette absurdité qu’ils n’ont pas demandée, décident de faire une trêve, quittent leurs tranchées et vont à la rencontre les uns des autres, se serrant la main, échangeant cigarettes et vin pour un Noël pas comme les autres.

" Apocalypse : la Première guerre mondiale " de Daniel Costelle et Isabelle Clarke

Série documentaire composée de cinq épisodes, " Apocalypse " est peut-être le meilleur moyen de se plonger dans la réalité de la Grande Guerre : contextualisation, faits, vécu des gens ordinaires, cette série narrée par Mathieu Kassovitz s’appuie sur de nombreuses images d’archive mises en couleurs. Elle a obtenu un grand succès mérité lors de sa diffusion sur la RTBF en 2014.

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