Les bonnes raisons de se détendre ce week-end

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Les bonnes raisons de se détendre ce week-end
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Le dernier Espadon

1948, alors que les canons de la Seconde Guerre mondiale se sont tus, de mystérieux personnages ourdissent un plan forcément machiavé­lique dans les faubourgs de Londres. Peu à peu, le doute n’est plus permis: la couronne britannique et ses sujets en seront les victimes, d’autant qu’un Espadon, ce redoutable avion de guerre atomique, a disparu! Assassinats sauvages, faux-semblants et vraie menace, on sent bien vite que le scientifique Philip Mortimer et son capitaine d’ami Francis Blake vont avoir du boulot.

Dès les premières cases de cet album, qui signe le retour de Jean Van Hamme au scénario, on a le sentiment de retrouver la patine de pantoufles dont la morphologie nous est si familière. Des pantoufles que, dans un rapport sadomasochiste vicieux et jouissif, on aime peu confortables, tant les ingrédients hérités de la méthode Jacobs sont angoissants. Il faut dire que c’est à sept ans que Jean Van Hamme découvre, dans les pages de son Tintin, Le secret de l’Espadon, il est médusé et marqué à vie. Un demi-siècle et une carrière de scénariste star plus tard, c’est lui qui ressuscite la franchise Blake et ­Mortimer en 1996, neuf ans après la mort de leur créateur. C’est donc justice qu’il signe l’album des 75 ans du duo d’aventuriers. Et il le fait à merveille, grâce au travail titanesque des dessinateurs actuels, Teun Berserik et Peter Van Dongen, respectueux et minutieux à souhait. On est clairement dans du Blake et Mortimer, avec morceaux de bravoure graphiques et scénario haletant. Et on est ailleurs, grâce à une touche “vanhammienne”, avec un peu moins de clichés, un peu plus d’humour, beaucoup de morts violentes, et un personnage féminin haut en couleur. Pourquoi bouder son plaisir?

Les aventures de Blake et Mortimer t. 28, Jean Van Hamme, Teun Berserik & Peter Van Dongen, Dargaud, 64 p.

Forza Horizon 5

Voilà dix ans que les organisateurs du festival Horizon sèment autant le chaos que le divertissement aux quatre coins du globe. En plus d’être grisante, la licence Horizon a toujours servi de vitrine technologique pour Microsoft et l’immensité des paysages ici proposés confirmera cette tradition. Totalement imaginaire, la carte (ouverte) de Forza Horizon 5 se dessine autour du volcan Gran Caldera et propose d’hallucinantes successions d’environnements sous un soleil de plomb mexicain. Mais Horizon est avant tout un jeu où l’on se course au volant de plus de 500 voitures, de toutes générations et cylindrées. Si le contenu du jeu est déjà dantesque, c’est compter sans ce que le mode en ligne peut vous amener comme défis supplémentaires. Certes, cet épisode ne fait pas preuve d’originalité, mais il sublime tous les superlatifs qu’on pouvait prêter à la licence.

PC XOne Series X/S, Forza Motorsport/Xbox Game Studios

Milwaukee Blues

Invité au sprint du prix Goncourt (avec Christine Angot, Sorj ­Chalandon et Mohamed Mbougar Sarr qui remportera la course), Louis-Philippe Dalembert livre, dans Milwaukee Blues, une relecture d’un fait d’actualité qui a donné la chair de poule au monde entier. En choisissant de raconter la mort de George Floyd – étouffé par le genou d’un policier alors qu’il était plaqué au sol -, Dalembert choisit aussi d’entrer dans les rouages d’un système. Emmett, anonyme parmi les anonymes jusqu’à cette fameuse vidéo amateur qui fera le tour du monde, dont le chemin fracturé semble correspondre à un scénario écrit d’avance dans une société américaine qui a décidé de la place qu’occuperaient les Noirs. Tout a commencé par un appel d’un employé d’une supérette voulant dénoncer à la police un homme qui venait de régler avec un billet qui lui semblait faux. La suite, on la connaît. Sauf que ­Dalembert la réécrit, tendant sa plume à plusieurs personnages proches d’Emmett qui, à tour de rôle, disent comment il s’est construit – ex-future vedette du football devenue personne, ex-beau gosse devenu collectionneur de petits boulots. Connaisseur des États-Unis où il a enseigné, l’auteur prend à bras-le-corps le feu d’un sujet d’actualité pas encore éteint, tente une évocation par la fiction, évite l’émotion de l’instant, même s’il débouche parfois sur des scènes assez attendues.

Louis-Philippe Dalembert, SABINE Wespieser Éditeur, 281 p.

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