Les bonnes raisons de se détendre ce week-end

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Les bonnes raisons de se détendre ce week-end

Bruxelles, un rêve capital

François Schuiten ne s’arrête jamais. Dans Bruxelles, un rêve capital, c’est avec son ami d’enfance, Benoît Peeters, qu’il revient sur l’obsession de sa vie, et le sens de sa ville, qu’il rêve à mesure qu’il la dessine. Peeters précise: “François n’a pas arrêté de dessiner cette ville, et de mon côté, je n’ai jamais cessé de m’intéresser à son histoire, et aux personnages qui en étaient issus. On a eu envie de poser sur Bruxelles un regard plus ouvert, généreux”. Chose faite avec ce livre dans la lignée de la longue bibliographie du tandem sur leur ville de cœur, mais qui va plus loin, et nous en apprend de belles sur la capitale de l’Europe (que les Belges voulaient placer à… Liège!) et ses secrets, rendus passionnants par les textes de Peeters et le dessin de son ami. Avec Mars, c’est un autre rêveur qui accompagne Schuiten dans un voyage, intersidéral cette fois. Sylvain Tesson rédige en effet le texte de ce carnet de voyage vers la planète rouge. Le globe-trotteur qui précise: “En marche, les noirceurs s’éclaircissent, les rêves affluent”. Ses randonnées ont dû être très inspirantes, tant celui de la jeune Y (en ce début de vingt-deuxième siècle, alors que l’humanité vit sous terre et que le politiquement correct a tout “cleané”, on ne se permet plus la fantaisie des prénoms) nous bouleverse. Avec son binôme X, elle est envoyée sur la planète Mars. Leur mission: voir si un futur y est viable pour cette humanité qui, après avoir saccagé son bel habitat originel, s’apprête à faire pareil aux confins de l’univers. Triste programme, grand livre. – J.-M.P.
Benoît Peeters et François Schuiten, Casterman

Far Cry 6

On ne présente plus la licence Far Cry tant elle nous a menés partout sur le globe, au fil d’aventures toutes ­galvanisées par des méchants charismatiques. Le jeu nous plonge alors en 1967, lorsque, sur l’île de Yara, toute forme de démocratie a disparu, contrairement à la fructueuse flore. Porté par les hasards malencontreux du jeu vidéo alors qu’il ne rêvait que de liberté américaine, notre héros se retrouve enrôlé dans la “Libertad”, mouvement aux envies de renversement (et de signaler ici un rare écart politique de la part de l’éditeur Ubisoft). S’il est engagé, il faut admettre que Far Cry 6 est aussi d’une rare violence et qu’une incarnation du mal portée par Giancarlo Esporito (Breaking Bad, Better Call Saul) ne pouvait être que ­glaçante et brutale. Ce nouveau numéro se joue évidemment à la première personne mais peut également se partager de manière collaborative, en ligne, avec un ami. Après un épisode “coup de mou”, Far Cry revient de manière séduisante et ­grisante mais n’obtient pas encore sa ­révolution. – G.C.

DS Switch, Mercury Steam/Nintendo

Pascal Obispo

Alors qu’il est au sommet des charts avec Lucie et qu’il prépare des disques pour Johnny Halliday et Florent Pagny, Pascal Obispo écrit des chansons pour France Gall. « C’est Michel (Michel Berger, son compagnon/pygmalion qui est décédé en 1992, – ndlr) mais ce n’est pas Michel », lui répond France Gall en les écoutant. Certains de ces morceaux refusés poliment par France Gall seront données à d’autres. Mais Obispo n’a pas renoncé. « France », son 25e album studio, reprend aujourd’hui toutes ces mélodies, pour certaines connues pour d’autres jamais publiées, écrites alors en hommage au couple mythique France Gall/Michel Berger. Le geste est sincère, passionné et l’illusion est parfaite. Plusieurs fois, notamment sur l’inédit A qui dire qu’on est seul ou sur la nouvelle version de Sa raison d’être, on comprend mieux à qui ses mots et ses douces notes de musique étaient adressées. On en connaît deux là-haut qui apprécieront… – L.L


France, Atletico

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