Eddy Ape: pourquoi il ne faut pas le rater aux Nuits Botanique (Vidéo)

Nourri à la chanson française, à la rumba congolaise et à l’afro-fusion, le rappeur bruxellois distille ses ondes positives sur « Supernova », nouvel EP qu’il dévoile en live ce 10 septembre sous les serres des Nuits Botanique.

Eddy Ape: pourquoi il ne faut pas le rater aux Nuits Botanique (Vidéo)
Eddy Ape.

Pour le grand public, Eddy Ape, ce sont Les Filles du Bord De Mer, duo monté comme un poisson d’avril avec Salvatore Adamo qui est devenu une vraie réussite virale. Pour les fans de hip-hop, Eddy Ape, c’est un artiste à la vision à la fois juste et optimiste. Un gars qui a fait de son métissage une force.  Un passionné de sons qui, en interview,  cite aussi bien « Jardin d’Hiver » d’Henri Salvador qu’OutKast ou un projet trap sud-africain underground. C’est enfin un vrai performer qui ne se contente pas de monter sur scène avec un DJ et une clef USB.

Sept mois après « Apeworld », premier EP en forme de carte de visite, le rappeur/chanteur bruxellois publie « Supernova » qu’il présentera en formule groupe ce vendredi 10 septembre aux Nuits Botanique. Riche de huit titres, « Supernova » est boosté aux ondes positives. Entre déclaration de foi (Zéro Défaite, La Seule, Un meilleur moi) et morceaux ensoleillés pour secouer le dancefloor (Mi Corazon), le garçon observe le monde qui l’entoure et dénonce ce qui ne tourne pas rond (Katrina, Ni Pulp, Ni Fiction) sans jamais jouer au moralisateur.

Dans les commentaires vous concernant, c’est le mot « solaire » qui revient le plus souvent. Vous en êtes conscient?
Non, mais ça me touche d’autant plus que ce n’est pas un trait de ma personnalité que j’ai voulu mettre en avant dans mon projet. Ce côté solaire, c’est quelque chose de naturel en moi. Je ne force rien. Je suis comme ça. Ma plus grande influence musicale, c’est Henri Salvador qui était aussi quelqu’un de profondément solaire dans son propos et son attitude.

Dans Zéro Défaite, vous expliquez que chaque épreuve vous rend encore plus fort. Quand ce morceau est-il né ?
Il a été créé en deux parties. J’avais trouvé le refrain de Zéro Défaite après avoir été confronté à une désillusion sentimentale. Et puis, voici quelques mois,  j’ai chopé le virus du Covid qui m’a cloué au lit. C’est après en avoir guéri que le morceau a pris sa forme définitive. Ce titre, c’est une leçon de vie, le résultat d’un long cheminement. L’idée, c’est que la défaite ne peut être synonyme d’échec que si tu ne l’acceptes pas et que tu ne te relèves pas. J’essaie de trouver du positif dans chaque épreuve et surtout j’essaie de ne pas me laisser déstabiliser. Le positif amène toujours du positif. C’est le message de la chanson.

Des huit titres qui forment cet EP, notre préféré est Un Meilleur Moi sur lequel vous baissez la garde. Comment est-il né?
La plupart des textes de « Supernova » sont introspectifs. J’y relate des expériences vécues ces derniers mois. Un Meilleur Moi est sans aucun doute la chanson où je me mets le plus à nu. Je n’ai jamais autant été dans l’analyse personnelle. J’ai eu des discussions très poussées à ce sujet avec mes proches et mes parents. Dans ce morceau, j’explique comment j’en suis venu à changer mon comportement. J’ai compris que pour aimer et être aimé des autres, il fallait d’abord s’aimer soi-même et donner le meilleur de soi. Le malaise ne vient pas des autres. Le changement ne vient pas des autres. Il faut commencer par soi.

On vous prend au mot. Qu’est-ce qu’il y a de meilleur de vous sur cet EP par rapport à « Apeworld » l’année dernière?
L’écriture est plus soignée, de même que la production. « Apeworld » était plus une carte de visite instantanée. Dès que j’avais une idée et que je la trouvais bonne, on enregistrait. Avec « Supernova », tout a été réfléchi : les textes, les sons, l’ordre des titres. Je voulais élargir la palette musicale tout en restant cohérent. Il y avait aussi la volonté d’enregistrer en studio avec de vrais instruments.

Dans le EP, vous évoquez à plusieurs reprises le regard qu’on porte sur vous en raison de la couleur de votre peau. Vous avez souffert du racisme?
Je suis né à Uccle de parents qui sont tous deux des métis congolais. J’ai été confronté au racisme mais je ne peux pas dire que j’en ai souffert. Je suis fier de mes racines et sensible à la culture africaine. Je ne reste pas insensible à ce se passe autour de moi. Dans la chanson Katrina, j’ai mis la voix de l’animatrice de la RTBF Cécile Djunga qui s’est fait lyncher sur les réseaux sociaux à cause de la couleur de sa peau. Je n’ai pas voulu en faire une chanson militante. Je ne suis pas un Black Panther. Non, j’ai fait un morceau à la Eddy Ape, un truc positif mais qui pousse à réfléchir.

Qu’est-ce qu’il y a d’africain dans votre musique ?
J’ai été biberonné à Henri Salvador, à la rumba congolaise, à la chanson française et au R&B. Je kiffe aussi pas mal la scène afro-fusion. Les sons que tu entends dans Mi Corazon, ça correspond à ce que j’écoute aujourd’hui. Ce qu’il y a d’africain dans la musique? C’est ce que j’appelle le pili-pili. Je mets du piment dans ma musique. Je balance quelque chose de doux et puis j’envoie la sauce !

A quoi va ressembler votre release party aux Nuits Botanique le 10 septembre ?
A une fête de folie! C’est une étape importante dans mon projet car je me produits avec un groupe de musiciens. On a retravaillé ensemble tous les anciens titres de mon répertoire. Il y aura de la joie et des bonnes vibes.

Eddy Ape, Supernova.
Le 10/9 aux Nuits Botanique.

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