Chuki Beats, sans limites

Incroyable carte de visite de l'étendue des talents qu'offre la Belgique, le premier album du producteur belge Chuki Beats mélange les influences, les collaborations et les intentions. Un voyage ambitieux nommé INSIDEOUT.

Chuki Beats

Une petite séance de calcul mental s’impose : du haut de ses 25 ans, le producteur Chuki Beats vient de sortir son 1er album, INSIDEOUT, composé de 15 morceaux qui dévoilent un incroyable tableau de la myriade de talents que la Belgique abrite, avec plus de 20 collaborations. Multipliez ces influences par un million, soit son nombre cumulé d’abonnés sur YouTube et vous obtenez la force de frappe de ce jeune producteur made in Belgïe. Autant dire que ça pèse (très) lourd dans le paysage musical. À la hauteur de l’ambition de ce jeune artiste né dans un petit village flamand et aujourd’hui installé à Bruxelles, qui pense très justement que dans la vie, il n’y a que les limites que l’on s’impose. La preuve, sur le million d’abonnés que comptent ses deux chaînes YouTube cumulées, 40% vivent aux États-Unis.

Du flamand au français, en passant par l’anglais, Chuki Beats jongle avec les langues d’une habileté déconcertante. Ce qui explique aussi sa facilité à réunir les gens autour de lui. Après avoir bossé pour des dizaines d’artistes et sorti des prods dans tous les sens, il a eu envie de créer un projet durable : un premier album, si symbolique dans une carrière. « Il y a deux ans, je me suis dit que c’était le moment de sortir un LP. Tout s’est fait très naturellement, au début j’avais ce projet dans un coin de ma tête et je ne me pressais pas trop et puis, par contre, on a bien carburé les six derniers mois. Je me levais en pensant à l’album, je me couchais dans le même état d’esprit, jusqu’à ce qu’il soit fini. On a tout fait en indépendant. Donc de le voir enfin sorti aujourd’hui, je peux dire que je suis fier.»

Une autre dimension

La musique, pour Chuki Beats, s’est pratiquement imposée d’elle-même. À l’âge où ses amis ne s’intéressaient qu’au foot et aux cartes Pokémon, lui a préféré apprendre la guitare. « J’étais un des meilleurs élèves de mon cours à l’époque. Et comme je terminais avant les autres, le prof m’a donné un CD-Rom avec un programme qui me permettait de faire de la musique sur mon ordi en attendant. C’est comme ça que j’ai commencé à faire de la prod et j’ai adoré. À tel point que je n’ai jamais arrêté d’en faire. » Il commence à faire des loops, à rajouter des pistes de batterie, de guitare et très rapidement, décide de lancer une chaîne YouTube pour poster ses beats. Une décision qui va littéralement changer sa vie.

« Au début, je regardais pas mal de vidéos sur YouTube moi-même, donc j’ai un peu voulu faire pareil que les producteurs que je regardais. Pour moi c’était déjà énorme de voir que mes créations étaient sur YouTube. Après, le nombre de mes abonnés a commencé à fort grandir ce qui m’a permis de gagner des sous aussi, grâce aux vues YouTube et puis surtout, des gens ont commencé à me demander où est-ce qu’ils pouvaient acheter mes morceaux. Donc ça m’a permis de me professionnaliser. » Il utilise ensuite la plateforme BandCamp pour diffuser ses prods avec un prix fixe et puis finalement, trouve une formule plus rentable et plus pro pour vendre sa musique. « Avoir une plateforme YouTube, ça m’a permis de rester indépendant jusqu’à maintenant. Ce qui est une chance finalement. »

INSIDEOUT, esprit de groupe

Dans son entourage, on retrouve des rappeurs comme Frenetik ou Geeeko, pour qui il a énormément produit. « C’est aussi grâce à eux que je parle français facilement aujourd’hui. Ce qui me permet aussi de pouvoir collaborer avec énormément d’artistes francophones et il y en a beaucoup en Belgique. Je pense que nous, les flamands, on sait qu’on a intérêt à parler plusieurs langues si on veut pouvoir bosser avec des artistes internationaux. L’anglais nous a sauvé. (rire) » Sur ce premier album, INSIDEOUT, on croise de nombreux rappeurs issus des deux côtés de la frontière linguistique, comme sur le très réussi Couvre-Feu, où s’enchaînent les couplets nerveux et percutants de YG Pablo, Frenetik et Geeeko.

« Ce sont tous des artistes que j’ai rencontré au fur et à mesure de mon parcours. Pour Geeeko par exemple, c’est son manager qui m’a contacté il y a quelques années, parce qu’il avait entendu que j’avais un son très américain. Quand j’ai déménagé à Bruxelles, il m’a présenté plein de gens. Tout a été très naturel. Pour Frenetik par exemple, il était en résidence, c’était au tout début quand je suis arrivé, je ne parlais pas encore français et j’ai juste fait écouter un son et tout le monde n’en revenait pas. Ce morceau, c’est devenu Infrarouge, le titre que Frenetik a interprété sur Colors. »

L’une des forces de Chuki Beats, c’est d’être un artiste généreux. S’il monte, il veut que ses potes montent avec lui. Une mentalité qui est partagée par tous les artistes avec qui il collabore. « Tout le monde est ensemble, tout le monde a la même faim d’aller loin. Nous sommes de vrais amis et c’est extrêmement motivant de bosser dans ces conditions. » Et ça se ressent très fort sur ce premier projet, INSIDEOUT, qui multiplie tant les influences, que les intentions. Un album qui s’annonce imparable en live.

À voir en concert ce 4 septembre à Anvers au Fire Is Gold https://www.fire-is-gold.com/

Chuki Beats – INSIDEOUT

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