La pochette d’album, cet objet de scandale

Ces pochettes d’album ont provoqué controverses, censures et polémiques. Avec le recul, certaines paraissent plus choquantes qu’à l’époque. Pour d’autres, on mesure le chemin parcouru.

La pochette de Nirvana dans une vitrine londonienne. - MAXPPP

Le bébé Nirvana

Spencer Elden, le bébé nageur de l’album “Nevermind” porte plainte contre Nirvana. Il accuse le groupe de pornographie infantile, la présence d’argent faisant apparaître le bébé comme un “travailleur du sexe”. Il évoque aussi l’absence d’autorisation pour l’exploitation de son image et “une détresse émotionnelle extrême et permanente” provoquée par celle-ci. L’homme de 30 ans s’est fait allumer sur les réseaux sociaux, les internautes l’accusant de vouloir se faire de l’argent facile en retournant sa veste. Celui qui s’est autosurnommé le “Nirvana Baby”, à l’occasion de ses 25 ans, avait d’ailleurs reproduit la photographie iconique sous des traits adultes. Il réclame aujourd’hui 150.000 dollars de dommages et intérêts à chacun des 15 accusés.

Nirvana

La mémoire sacrée du 11 Septembre

La critique encensait l’œuvre du compositeur américain Steve Reich, commémorant les dix ans de l’attentat du WTC. Jusqu’à ce qu’on découvre la pochette de l’album. L’utilisation de la photographie de Masatomo Kuriya, saisie au moment de l’attentat, a été jugée irrespectueuse car esthétisant un drame. L’image retenue ne sera finalement qu’un très gros plan sur un halo de fumée.

Steve Reich

Saez et le métro

Entre Damien Saez et la RATP (les transports parisiens), c’est loin d’être une grande histoire d’amour. À la sortie de “J’accuse”, en 2010, l’image de la femme nue dans un chariot de supermarché (jugée dégradante) n’a pas été diffusée dans le métro parisien. En fait, aucune régie publicitaire n’a accepté l’affiche. En 2013, même scénario. La pochette de “Miami”, représentant une femme en gros plan vêtue d’une petite culotte, tenant une Bible sur ses fesses, n’a pas non plus pu voir les couloirs du métro.

damien saez

Warhol a la banane

Andy Warhol, également manager du groupe, a réalisé la pochette du premier album du Velvet Underground en 1967. Sur la cover, une banane et une formule “Peel slowly and seen” (“Pelez lentement et voyez”). Décollée, celle-ci se transforme en un organe plutôt suggestif. La légende prétend que la colle ayant servi à fixer la banane était imprégnée de LSD!

velvet

Scorpions scandaleux

Habitué de la provoc, le groupe allemand a multiplié les scandales pendant les années 70 et 80. Plusieurs de ses pochettes ont été censurées pour cause de seins trop exposés ou de connotations sexuelles trop explicites. C’est le cas notamment de la pochette de “Virgin Killer”, représentant une adolescente entièrement nue. Ces photos polémiques étaient bien souvent remplacées par une sage image du groupe pour en assurer la promo.

Scorpions

La pochette du “boucher”

Et si on posait, en chemise de boucher avec des morceaux de viande et des poupées décapitées? La bonne idée. La pochette de l’album “Yesterday And Today” (1966) des Beatles n’a pas résisté à la censure. Les 750.000 exemplaires déjà imprimés sont retirés du marché et une nouvelle pochette sur laquelle les membres du groupe sont rassemblés autour d’une valise remplace l’image polémique. L’album original vaut aujourd’hui des milliers de dollars.

Beatles

L’outrageux bidet

Nous sommes en 1966 et la pochette du premier album des Mama’s & the Papa’s, “If You Can Believe Your Eyes And Ears”, ne plaît pas à la bonne société. L’origine du mal? La présence d’un bidet, cette cuvette sur pied servant à la toilette intime. Les rééditions de l’album proposeront une photographie recadrée et exempte de l’objet du délit.

mama's and papa's

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