Pédopornographique, la pochette de « Nevermind » ?

Trente ans après la sortie de l'album de Nirvana, le bébé de la pochette porte plainte pour pédopornographie.

Belga

Le 21 septembre prochain marquera le trentième anniversaire de la sortie de « Nevermind », l’album intemporel de Nirvana. Les hommages pleuvent autour de son défunt chanteur et de ce disque, pierre sacrée du grunge qui a donné une voix à la génération X. C’est le moment qu’a choisi Spencer Elden, le bébé de la pochette, pour porter plainte contre les membres survivants du groupe, les héritiers de Kurt Cobain, le directeur artistique de la pochette et les maison de disques Geffen et Universal, pour pédopornographie.

 

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« Exploitation sexuelle »

 

Selon le jeune homme désormais âgé de 31 ans, ses parents n’ont jamais signé de décharge autorisant l’utilisation de cette photo sur laquelle apparaissent ses parties génitales pour la pochette du disque. Le plaignant explique que plusieurs lois fédérales en matière de pédopornographie ont été violées, et que la diffusion de son image dans le monde entier lui a causé une « une vie de souffrance ».

 

Dans sa plainte, il assure que son nom et son identité « sont à jamais liés à l’exploitation sexuelle commerciale qu’il a vécue en tant que mineur, et qui est diffusée et vendue dans le monde entier depuis son enfance, jusqu’à encore aujourd’hui ». Les accusés « ont sciemment produit, possédé, commercialisé et fait la promotion de pornographie juvénile mettant en scène Spencer Elden, et ont sciemment reçu de l’argent en retour ». Et encore « les accusés n’ont pas pris de mesures raisonnables pour protéger Spencer Elden, et empêcher le trafic de son image ainsi que l’exploitation sexuelle de celle-ci ».

 

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Pochette culte

 

La pochette de « Nevermind » a été « shootée » par Kirk Weddle dans un centre aquatique de Pasadena en 1990 alors que Spencer Elden était âgé de 4 mois. Le photographe avait alors appelé un ami à lui qui habitait la région, Rick Elden, le père de Spencer, pour lui proposer de venir avec son bébé pour la séance photo et gagner 200 dollars, comme le père l’a raconté en 2008 à NPR. « Je lui demande: ‘Qu’est-ce qui se passe?’ Et il me dit: ‘Je shoot des gamins toute cette semaine. Viens me rejoindre au Rose Bowl et mets ton bébé dans le bain’. On a juste fait la fête autour de la piscine sans que personne ne sache vraiment ce qu’il se passait ».

 

Sur la pochette de « Nevermind », qui est rapidement devenue culte, une des plus reconnaissables de l’histoire de la musique populaire, on voit un bébé nu nageant dans une piscine vers un billet de 1 dollar accroché à un hameçon. L’image s’est retrouvée sur moult tee-shirts et artefacts en plus de disque qui s’est vendu à plus de 30 millions d’exemplaires.

 

Or, selon Spencer Elden, ses parents n’ont jamais signé de décharge autorisant l’utilisation de cette photo de leur bébé. Et il ajoute qu’il n’a reçu aucune compensation financière quant à l’utilisation de son image, sinon un disque de platine avec un nounours de la part de Geffen Records en 1991. C’est ainsi qu’il réclame désormais 150.000 dollars à chacun des dix-sept accusés, sinon des dommages-intérêts au montant non évoqué, et à déterminer lors du procès.

 

« C’est fucked up »

 

Bizarrement, il y a cinq ans, pour marquer le 25e anniversaire de la sortie du disque, Spencer Elden avait rejoué la scène pour le New York Post, « Nevermind » tatoué sur le torse et en portant néanmoins un short. Il expliquait alors que « cet anniversaire est important pour moi. C’est cool et en même temps étrange de me dire que cette photo que j’ai faite alors que j’avais quatre mois est devenue une image emblématique pour toute une génération ».

 

Il a recréé plusieurs fois cette pochette iconique. Mais en 2016, il semble avoir changé d’avis, expliquant à GQ Australia qu’il est « énervé à propos de [cette pochette], pour être honnête. C’est malsain (fucked up) ».

 

 

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