Cinq titres des Stones où Charlie Watts a fait la différence

Formé au jazz, le batteur gentleman avait un jeu inimitable qui a transformé des grandes chansons en œuvres d’art.

Charlie Watts. - DPA

Le ciment de la section rythmique des Stones n’était pas un cogneur. Ce n’était pas non plus un technicien. Chez lui, tout était élégance, finesse et inventivité. La preuve par 5.

Get Off My Cloud (1965)

Réflexion sur l’aliénation d’une rock star pas si fictive que ça, Get Off My Cloud est écrite par Mick Jagger et composée par Keith Richards. La chanson commence par un solo de batterie de Charlie Watts sur sa batterie Ludwig Super Classic. Le style est proche de la rythmique de Satisfaction mais le break qui survient juste avant le chant de Mick fait la différence. A sa sortie en 1965, Get Off My Cloud sera numéro un des deux côtés de l’Atlantique. Deux minutes et cinquante-cinq secondes de furie.

Paint It Black (1966)

Paru en single en 1966, Paint It Black est une métaphore sur la mort imaginée par Jagger et non, comme on l’a dit à l’époque, une évocation de la guerre du Vietnam. Si c’est le sitar joué par Brian Jones qui suscite l’attention, l’attaque de la chanson par le batteur des Stones impose le rythme, dynamise le morceau et met tout le monde KO. Pour Paint It Black, Charlie s’est inspiré des disques funk/soul de Smokey Robinson, notamment la chanson Going To a Go-Go que les Stones reprendront plus tard.

Sympathy For The Devil (1968)

Pièce de résistance de l’album Beggars Banquet, Sympathy For The Devil reste l’une des chansons les plus célèbres des Stones. Pour se rendre compte du travail de Charlie Watts, il suffit de regarder le film One + One de Jean-Luc Godard qui en immortalise les sessions d’enregistrement quelques jours après mai 68. C’est à nouveau Charlie Watts qui a l’honneur d’introduire le morceau avec sa batterie Ludwig. Dans le livre sorti en 2003, According to the Rolling Stones, Charlie Watts dit ceci: « Sympathy fut l’une de ces chansons où nous avons vraiment tout essayé. La première fois que je l’ai entendue fut quand Mick est venu la chanter juste devant ma porte, quand je vivais dans le Sussex… Il l’a interprétée à sa façon… et c’était génial. Nous l’avons jouée de plein de manières différentes ; à la fin je jouais juste un rythme de jazz latin, un genre de samba dans le même style que le jazzman Kenny Clarke dans la chanson A Night in Tunisia. »

Honky Tonk Women (1969)

C’est le producteur Jimmy Miller qui suggère que Charlie Watts introduise ce morceau à la batterie en y ajoutant une cloche (« cowbell ») et un riff incendiaire comme seul Keith en a le secret.  Bref un tapis de velours déroulé pour Mick Jagger qui va livrer sur ce titre de six minutes l’une de ses plus belles performances vocales. Le classique des classiques dans les concerts des Stones. « Un morceau qui donne instantanément l’envie de se bouger le cul », dira Charlie Watts dans une interview en 1973. Il n’a pas tort.

Respectable (1978)

En 1978, les Stones sortent l’ énorme « Some Girls » en plein mouvement punk. Crane de skinhead et quelque peu addict à la cocaïne à l’époque, Papy Watts se déchaîne particulièrement  sur ce brûlot que Mick Jagger décrira comme la rencontre « entre Chuck Berry et les punks ». En studio, le leitmotiv était : « jouer vite, vite et encore plus vite ». Un truc de dingue et une vidéo promo qui donne des frissons. Jugez-plutôt.

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