Claire Laffut : La vie en bleu

La chanteuse belge garde le mojo sur un premier album aux rythmes espiègles présenté en avant-première aux Nuits Solidaires de Namur.

Claire Laffut

Danseuse de formation, plasticienne de passion et chanteuse “par accident”, Claire Laffut a créé les vi­gnettes pop de “Bleu” comme elle peint ses toiles. “J’écris des chansons pour me rémémorer mes émotions”, confie celle qui s’est teint les cheveux dans la couleur qui donne son titre à ce premier album. “J’ai passé un mois en Corse pendant le confinement. C’est en regardant la mer se fondre dans un ciel sans nuages que j’ai su que ce disque allait s’appeler “Bleu”. Bleu, c’est la couleur ultime. Ça m’évoque quelque chose de serein et d’infini. Le terme souligne aussi mon statut de débutante. Je me considère comme une “bleue” en musique.

Si elle évoque aussi ses “bleus” au cœur sur les mélanco­liques Vertige ou Avis de tempête, Claire ­Laffut reste particulièrement tonique sur ce premier disque. Plus naturelle que forcée, sa voix fait la différence. Tout comme cette joyeuse profusion de ­rythmes qui augurent de prestations endiablées tant aux Nuits Solidaires ce 29 août qu’au Botanique où elle se produira le 23 octobre. MDMA, Sororité, sa nouvelle version du tube Mojo qui l’a révélée ou le bien nommé Adrénaline sont autant d’invitations à bouger son corps, même si la jeune Belge y chuchote ses peurs et ses doutes.

Je m’en fous si j’ai tort, je me ­cherche encore” dit-elle ainsi dans Et j’ai ri, subtile mélodie à double sens qui peut aussi se comprendre “égérie”. “J’ai voulu un album diversifié dans ses sonorités, ses nuances. Mon père est fan de l’afro-beat de Fela Kuti et acheteur compulsif de vinyles house quand nous passions nos vacances à Ibiza, il m’a fait découvrir plein de sons. Je me suis trouvé beaucoup d’affinités humaines et musicales avec Lizzy Mercier Descloux (icône no wave des années 80 – NDLR), une artiste nomade passionnée de beats funk électro et de percus africaines.”

Pour sa tournée en salle à l’automne, Claire Laffut ira encore plus loin dans sa quête de couleurs. Elle incorporera sur scène des toiles inspirées des chansons de “Bleu” qu’elle a dessinées dans l’atelier bruxellois où elle vit. “J’ai grandi à Moustier-sur-Sambre. J’avais envie d’un ailleurs. Dès que j’en ai eu l’opportunité, j’ai tenté ma chance à Paris. J’ai commencé à gagner de l’argent facile comme mannequin, j’ai vécu une histoire d’amour fabuleuse et chopé le virus de la musique presque par hasard (en s’installant spontanément derrière un micro lors d’une visite dans un studio d’enregistrement avec des amis – NDLR). Cette aventure parisienne m’a permis de faire ce disque, mais elle a aussi eu ses limites. Je sortais beaucoup, je prenais des trucs, je sentais que je m’enfermais dans une bulle superficielle qui me coupait du vrai monde. Je me sens mieux aujourd’hui à Bruxelles, surtout depuis que j’ai découvert cet atelier. J’y  ai vécu en confinement au milieu des pinceaux et des tubes de peinture avec ma copine Yseult.” Une amitié qui débouche sur Nudes, duo élégant “écrit dans un fou rire pour nous décomplexer de notre corps”.

Le 29/8. Les Nuits Solidaires, Namur.

Tous aux Nuits Solidaires

Si l’appellation “Nuits Solidaires” suppose qu’il y aura moins d’animations diurnes qu’à l’accoutumée sur les hauteurs de Namur, cette édition particulière des Solidarités, qui se décline du 26 au 29 août, garde, pour le reste, toutes ses bonnes habi­tudes. Quelques jours avant la rentrée des classes, voilà un festival où il fait bon se rendre en famille et où les plaisirs ne se résument pas qu’à une succession de concerts. Les habitués retrouveront très vite leurs repères entre le Village des Enfants, l’Urban Village dédié à la culture hip-hop et un Village des Associations (elles seront cinquante cette année) qui fait la part belle aux engagements citoyens.
Côté concerts, ça se passera donc en soirée avec une affiche essentiellement belgo-française. Après son concert annulé à l’Arena 5, Raphael présentera pour la première fois en live en Belgique les chansons du recommandable “Haute fidélité” sorti en mars. On se réjouit aussi de revoir Les Innocents, Suzanne, Pomme (décidément de tous les bons coups cet été). Côté belge, outre notre Claire Laffut adorée, la nouvelle génération est à raison à l’honneur avec Charles, Doria D, les locaux de l’étape Winter Woods, Coline & Toitoine ou Delta.
Du 26 au 29/8. Citadelle de Namur. www.lafetedessolidarites.be

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