Une étude flamande souligne des inégalités de genre criantes dans le secteur du cinéma

Stéréotypes, infantilisation... Les femmes issues du monde du cinéma flamand font état des inégalités qu'elles subissent et proposent plusieurs pistes pour mettre fin à ce sexisme.

Veerle Baetens, meilleure actrice aux derniers Magritte du Cinéma. - BELGA

Les femmes qui travaillent dans le secteur du cinéma en Flandre subissent encore et toujours des inégalités de genre, montre une étude de la chercheuse en communication à la VUB Ynske De Neve, dirigée par le professeur Kevin Smets. Dans le cadre de son mémoire de fin d’études, la chercheuse a réalisé 10 entretiens avec des femmes issues du monde du cinéma flamand, allant de productrices à des réalisatrices et camerawomen. Elle s’est aussi entretenue avec trois organisations engagées pour l’égalité des genres et a également analysé des documents politiques. De toute cette documentation est ressorti un constat : la présence des femmes dans ce secteur reste stéréotypée.

« Les femmes sont par exemple bien représentées en tant que costumières mais presque jamais comme scénaristes ou réalisatrices« , explique celui qui a dirigé l’étude, le professeur Kevin Smets. « La recherche a aussi mis en lumière des choses plus subtiles, moins tangibles dans les chiffres, comme le fait qu’elles ressentent que leur travail est davantage jugé à partir de critères tels que leur apparence ou qu’elles reçoivent des remarques sur leurs relations professionnelles et privées. »

Les femmes sont aussi infantilisées, appelées « filles », « dingske » ou « mieke », ces deux derniers étant des expressions néerlandaises pour désigner des jeunes filles. Elles sont ainsi infériorisées.

Deux solutions

Les personnes interrogées ont d’elles-mêmes proposé deux solutions pour mettre fin à ce sexisme. D’une part, davantage de modèles féminins seraient nécessaires, par exemple dans le programme scolaire et parmi le corps enseignant dans les écoles de cinéma. Les réalisatrices devraient aussi bénéficier d’une meilleure visibilité dans les médias. D’autre part, davantage de réglementation devrait permettre de réduire le fossé entre les genres. « Concrètement, les femmes plaident pour l’introduction de quotas comme seul moyen de briser les anciennes structures de pouvoir« , explique Mme De Neve.

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