Feu! Chatterton brillant à l’Arena 5

La formation française a irradié le plateau du Heysel ce mercredi soir. Sans aucun doute ce qui se fait de mieux en rock français aujourd’hui.

Feu! Chatterton à l'Arena 5. Copyright Belga

Arthur Teboul, charismatique chanteur de Feu! Chatterton l’a rappelé ce mercredi à la fin de son concert à l’Arena 5. La formation française vit une parfaite histoire d’amour avec la Belgique. « Il y a exactement un an, on se trouvait à Bruxelles, du côté de l’avenue Emile de Beco« , a-t-il ainsi déclaré. C’est en effet chez nous, aux studios ICP d’Ixelles, que le groupe mettait la dernière main à « Palais d’Argile », un troisième album conçu en forme d’opéra cyberpunk. Et quel plus bel endroit que l’esplanade du Palais 5 pour dévoiler pour la première fois en live les extraits de ce disque fabuleux qui s’interroge sur la place de l’humain dans le monde technologique.

Rock, électro, trance

Feu ! Chatterton sur scène, c’est le mariage du rock, de la trance et de l’électro. C’est la magie des mots qui se love dans la puissance des sons. C’est le réalisme magique de Gérard Manset qui croise les secousses sismiques de LCD Soundsystem. Sur Libre, morceau emblématique de « Palais d’Argile » qui tombe aux deux tiers du set Feu! Chatterton exprime parfaitement cet art de la maîtrise des genres. Une décharge rock and roll avec deux guitares électriques qui montent dans les tours, des boucles entêtantes et ce chant quasi chamanique d’Arthur Teboul. Top…

Toujours dans la nuance

En dix ans d’existence et trois albums sans la moindre faute de goût ( « Ici le Jour (a tout enseveli) » en 2015, « L’Oiseleur » en 2018, « Palais d’Argile » sorti au printemps dernier), le quintet parisien a réussi à construire une identité et un répertoire le plaçant à la fois dans la marge et au sommet de la scène rock française. A un propos intelligent qui n’oublie jamais la nuance, Feu ajoute une culture musicale sans œillères (ses cinq membres bardés de diplômes sont tous multi-instrumentistes) et un refus des codes. Déjà bien rôdée dans les festivals français, leur setlist mêle les nouveaux titres (Ecran Total, Libre, magnifique Monde Nouveau sommet de ce concert bruxellois) et les désormais incontournables Côte Concorde, Cantique et autre La mort dans la pinède.

Des choses essentielles

Communicatif avec son public, généreux dans une prestation et jamais démonstratif dans ses délires instrumentaux, le groupe a livré une prestation intense qui fait un bien fou. « Tout n’est pas négatif. Dans le monde où on vit, il y a toujours des choses essentielles qui nous réunissent : le pouvoir de la musique, l’amour, les gens. » Ce que le groupe nous déclarait en interview en mars dernier a trouvé tout son sens ce mercredi à quelques mètres de l’Atomium. Magique.
Feu ! Chatterton revient au Cirque Royal le 19 janvier.
Feu! Chatterton à l'Arena 5. D.R.

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