Daniel Balavoine « Une deux test, je crois que c’est bon”

Première interview, première vedette, premier trac, premier réglage technique… Voici le moment initiatique qui ouvre le grand œuvre de notre petit reporter.

Le chanteur Daniel Balavoine le 01 février 1984 à Paris. @BelgaImage

Illustré par Clarke, le livre Access All Areas de Rudy Léonet paraît en octobre. Pendant cinq semaines, nous en publions des extraits où – de Bowie à Daho, et de Gainsbourg à Cure – les belles rencontres se succèdent.

J’associe Daniel Balavoine à beaucoup de premières fois. Fin 1978, élève de première année à l’IAD, je dois réaliser un portrait radio. La plupart de mes collègues de classe vont choisir un parent, un voisin… Moi, je veux faire le portrait d’une vedette. C’est décidé. Une célébrité ou rien. Je ne connais personne, je n’ai ni carnet d’adresses ni réseau. Mais j’ai de la chance. Je dis souvent que dans ce métier, le manque de chance est une faute professionnelle. Via René, un étudiant de quatrième année, qui connaît Linda, une collaboratrice de la RTBF Mons, il peut “peut-être-éventuellement-ça doit pouvoir se faire-c’est sans doute possible” organiser une entrevue avec Daniel ­Balavoine. Sans garantie.

Linda est la petite amie de Daniel. Il lui écrira les chansons  Love Linda ou Rougeagevre. “C’est le nom que je lui donnais pour ses lèvres colorées comic strip sur fond de Belgique.” Daniel est souvent à Mons. Incognito. Il sort de Starmania, il vient de cartonner avec Le chanteur et il s’apprête à rentrer dans l’histoire en interpellant François Mitterrand au journal de France 2 “au nom des jeunes”. Il accepte de me rencontrer. Une heure entière. Il sait que c’est pour un travail d’étudiant et que ça ne sera jamais ­diffusé publiquement à part devant un prof et une classe. Je tiens ma célébrité au-delà de toute attente. Je ne le remercierai jamais assez. D’autant que je ne sais pas me servir de mon enregistreur (un Nagra de 6,8 kilos batteries comprises et changement de bande toutes les 20 minutes) et qu’il fait les réglages pour moi.

Ma première interview commence par la voix de Balavoine qui dit “Une deux test, je crois que c’est bon”. C’est ce qu’on appelle un moment fondateur. Le 31 janvier 1980, il fait son premier Olympia en tête d’affiche. Je reçois mon premier AAA. Dans les ­coulisses je croise Johnny Hallyday. Il courtise Daniel qui lui écrira “Je ne suis pas un héros”. Je n’ai plus jamais revu Johnny mais je me souviens qu’il était plus grand que son garde du corps.

Daniel Balavoine

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