Plongée au cœur de la folie des conventions de séries TV

Chaque mois, acteurs et fans ont la possibilité de se rencontrer, et ce en restant chez eux. D’origine américaine, le concept des conventions de séries attire de plus en plus de monde en Europe. Focus sur ce phénomène.

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Imaginez-vous : un dimanche, affalé sur votre canapé et armé de votre tasse de café, en train de discuter avec votre acteur préféré. C’est là le concept des conventions de séries. Normalement organisées en présentiel, celles-ci ont dû se réinventer en ligne à la suite des différents confinements. Leur popularité a vite grimpé… et les prix aussi. Pour y participer, il faut être prêt à vider son portefeuille. Mais dépenser entre cinquante et quatre-vingts euros pour trois à cinq minutes passées avec un acteur, est-ce que ça en vaut vraiment la peine ?

Comment ça fonctionne ?

Les conventions virtuelles ont lieu sur la plateforme Zoom et durent généralement un weekend. Le fan peut participer à des « panels », c’est-à-dire écouter l’acteur parler et répondre à des questions qui lui sont posées. Comme expliqué ci-dessus, il a également la possibilité de rencontrer un acteur seul à seul pendant quelques minutes ou en groupe pendant une trentaine de minutes lors de « meetings ». Les fans peuvent recevoir des messages vidéo des acteurs, des autographes qu’ils recevront par la poste dans les deux mois suivant la convention. Le tarif, lui, varie selon la popularité de l’acteur. Les acteurs principaux d’une série, qualifiés d’« extra guest », coûtent plus cher que les acteurs secondaires. Le concept est semblable aux conventions qui ont lieu en présentiel, à quelques exceptions.

Toute une organisation

Pour choisir les acteurs à inviter, il y a plusieurs options possibles. L’acteur lui-même peut demander à y participer, s’il désire rencontrer ses fans par exemple. Sinon, en général, les organisateurs vont écouter les demandes du public et voir ce qui marche le plus en ce moment. La première option est plus simple, vu que les acteurs viennent d’eux-mêmes, tandis que la deuxième nécessite toute une organisation. Maria Qamari, co-fondatrice de l’organisme Dream it Conventions, dévoile sa technique pour les inviter. « D’abord, on contacte leur agent pour savoir si l’acteur est intéressé par les conventions. Soit il n’est pas intéressé, soit il faut négocier le prix. Dès qu’il accepte, on établit un contrat et annonce sa venue au public ».

Il y a deux types d’acteurs : ceux habitués aux conventions et ceux qui n’en ont jamais – ou rarement – fait. « Les habitués ont souvent un tarif minimum à respecter. Plus on entend parler de l’acteur, plus le prix sera élevé ». Les organisateurs doivent être attentifs à ce que le cachet fixé sur l’acteur rapporte. Pour cela, ils se basent sur les ventes des tickets d’entrée et des extras. Les conventions virtuelles ont beaucoup de succès ce qui leur permet de rentabiliser les coûts. « En mai 2020, on comptait 16 000 abonnés sur Instagram. Aujourd’hui, on en a 51 000. Le public s’est largement élargi, du coup on pense continuer le système même après la Covid-19 » explique Maria. Mais les acteurs aussi se sont habitués à ce format, ce qui explique l’augmentation des prix.

Dépense inutile ou pas ? Telle en est la question

« Les prix des conventions ne m’ont jamais dérangé vu les moments magiques auxquels on a droit », explique Adeline Després, 23 ans. Elle se souvient de sa première convention comme si c’était hier. « J’en ai entendu parler par hasard, en 2017, sur un groupe consacré à la série Teen Wolf. Quand j’ai vu qu’elle était organisée à Paris, j’y suis allée pour voir comment c’était. Et je n’ai jamais regretté cette décision ! » Depuis, elle a majoritairement participé à des conventions virtuelles, mais elle espère rapidement retrouver des événements en présentiel. Française, elle peut facilement s’y rendre vu le nombre de conventions présentes. Tiffany Lantin, Belge de 25 ans, regrette de ne pas avoir autant de possibilités en Belgique. « Je dois souvent me rendre dans d’autres pays européens pour y participer vu qu’il n’y a pas grand-chose ici ».

Raison pour laquelle elle apprécie les conventions virtuelles, qui lui permettent de rencontrer plus facilement des acteurs. Pour autant, cela ne l’empêche pas de garder un avis mitigé. « Ça fait plaisir d’être seul avec un acteur, mais je trouve que certains organismes exagèrent sur les prix. Au fond, ça ne reste que du virtuel », avoue-t-elle. Rien ne peut remplacer le sentiment de se trouver en face à face avec les acteurs. Elle se souvient particulièrement de ses rencontres avec Katherine McNamara, alias Clary dans la série Shadowhunters.

« La deuxième fois que je l’ai vue, je lui ai demandé d’écrire une phrase pour que je me la fasse tatouer. Elle a accepté et m’a demandé la signification. Quand je lui ai expliqué, elle était très émue », explique-t-elle avec le sourire. « Quelques mois plus tard, je l’ai revue à une convention et je lui ai montré le résultat. Elle m’a prise dans les bras et depuis, s’est toujours souvenue de moi ».

Après avoir participé en ligne à ce phénomène grandissant, peut-être que les Belges se feront plus nombreux aux prochaines conventions organisées à Bruxelles, pour créer à leur tour des souvenirs mémorables en présentiel avec leurs acteurs. Celles-ci auront lieu le 8 et 9 juillet 2022 et seront dédiées aux séries The Vampire Diaries et The 100.

 

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