Cinéma : Falling, ode à la mère absente

À 62 ans, Viggo Mortensen écrit et réalise son premier film, inspiré de souvenirs familiaux.

Falling

C’est le récit d’une confrontation entre deux mondes qui n’arrivent plus à dialoguer. D’un côté, Willis, le père (Lance Henriksen), un homme de la campagne, raciste et homophobe, qui souffre de démence. De l’autre côté, John, le fils (Viggo Mortensen) qui vit en Californie avec son mari et leur fille adoptive. Lorsque le fils recueille son père en raison de son état de santé, un fantôme ressurgit entre eux. Celui de Gwen, la maman de John, que Willis a aimée et trompée. Même si son premier film n’est pas autobiographique, Viggo Mortensen s’inspire de son histoire familiale.

C’était en 2015, juste après la mort de ma mère, explique-t-il. Je pensais beaucoup à elle, à mon enfance, à mon adolescence. La démence, je l’ai vécue de très près. Et cela m’a aidé à construire ce film, à créer le personnage de Willis et sa relation avec son fils. J’avais envie de montrer que la mémoire est une chose ­subjective. Pour moi, la mémoire est plus un sentiment qu’une collection de faits.” Cette confrontation entre les deux hommes est aussi pour l’auteur et réalisateur une manière d’opposer l’ancien monde au nouveau.

Chaque nouvelle génération doit sortir de l’ombre de la génération précédente, poursuit-il. C’est la vie. Il y a entre eux un conflit générationnel mais aussi une opposition entre la campagne et la ville.” Peut-être une façon ­symbolique de nous dire que son pays, les États-Unis, est coupé en deux. Viggo Mortensen exprime aussi ici une autre inquiétude face à l’homophobie qui sévit dans son pays, comme de par le monde. “C’est de pis en pis aux États-Unis, constate-t-il. C’est une autre pandémie qui nous touche. Et là, le virus c’est la pauvreté de notre communication. Ou plutôt l’absence de communication. C’est une vraie menace aujourd’hui, comme cette pandémie que nous vivons tous.”

Falling
Réalisé par Viggo Mortensen. Avec Lance Henriksen, Viggo Mortensen, Sverrir Gudnason, Laura Linney – 112’.

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