Pourquoi il faut aller à l’Intime Festival

Dans une neuvième édition, qui se tiendra du 26 au 29 août, le festival littéraire adossé au Théâtre de Namur célèbre aussi l’oxygène retrouvé dans les lieux de culture, Coups de sonde dans une programmation qui met l’eau à la bouche.  

Philippe Jaenada revient à l'Intime Festival. Copyright belga.

Et de dix ou presque! L’Intime Festival fêtera donc ses dix ans l’année prochaine…  En attendant, après une édition reconfigurée l’an dernier pour cause d’épidémie, l’Intime prend à bras-le-corps la réouverture des lieux de culture pour asseoir son influence dans un chapitre neuf qui ouvrira à la fin du mois d’août. Imaginé par Benoît Poelvoorde, grand mangeur de livres, avec la complicité de Chloé Colpé, directrice de la programmation, ce rendez-vous met en lumière des œuvres lues sur scène par des comédiens et des comédiennes (parfois par des auteurs) qui évoluent sur la corde tendue entre le texte et le public. Un exercice qui déploie une multitude de voix et de voies pour nous guider jusqu’au centre de l’intimité d’un récit. 

Philippe Jaenada, bis repetita

Cette année, et pour la deuxième fois consécutive, l’ogre Philippe Jaenada vient lire son roman – l’incroyable Petite femelle, épopée dans la vie de Pauline Dubuisson, condamnée en 1953  pour l’assassinat de son ex-compagnon. La lecture de Jaenada s’inscrit dans un projet scénographique conçu par la plasticienne Valentine Fournier qui signe les œuvres projetées durant la performance.  « Elle s’est inspirée de mon livre, nous expliquait le romancier l’an dernier, pour créer une quinzaine de tableaux à partir de photomatons des années 50. » Un événement porté par l’actualité de Jaenada, qui sera au départ de la grande boucle (exténuante) de la rentrée littéraire avec un nouveau texte massif – Au printemps des monstres qui paraît le 18 août, explose les cadres et explore – de fond en comble, comme il aime le faire – le dossier juridique sur la disparition et la mort d’un gamin  en 1964. Jaenada sera aussi l’invité d’un entretien autour de ce livre très attendu. 

Littérature, cinéma, photo 

Catherine Salée, comédienne belge dont on ne dira jamais assez la justesse de son jeu, revient – elle aussi, à l’Intime pour lire A la folie de Joy Sorman. Experte en reportages littéraires, Joy Sorman livre le récit des mois qu’elle a passés dans un hôpital psychiatrique, guidée par son goût de l’humain et de la parole, slalomant entre patients et soignants. Porté par l’intelligence d’interprétation de Catherine Salée, le texte devrait allumer des foyers d’incendie ici et là dans la grande salle du Théâtre de Namur.  Joy Sorman sera présente pour s’entretenir de ce livre-expérience qui l’a poussée à s’engager un peu plus encore dans l’écriture. 

Regard sur la pandémie

Au programme encore…  Le regard sur la pandémie de Robert McLiam, auteur irlandais installé à Namur le temps d’une résidence; une lecture des Liaisons dangereuses par Anna Mouglalis et Micha Lecost; une “lecture publique proactive personnalisée à caractère sensoriel”  de la bande dessinée de FabCaro – Zaï, zaï, zaï, zaï – par le duo décalé Nicolas et Bruno.  Seront aussi mis en valeur – Le dernier été en ville, roman italien des années 70 de Giancarlo Calligarich retrouvé (car traduit pour la première fois) cette année; L’éblouissement des petites filles  et Grande couronne, premiers romans à paraître à la rentrée de,  respectivement,  Timothée Stanculescu et Salomé KIner. 

Repoussant un peu plus chaque année les murs de sa programmation, l’Intime Festival offre cette année une carte blanche aux cinéastes Gustave Kervern et Benoît Delépine  de Les Gorgan, exposition du photographe français Mathieu Pernot  montrant son travail réalisé sur la vie d’une famille de rom qu’il a suivi dans son quotidien pendant vingt ans. 
Intime Festival,  Du 26 au 29/8, Théâtre de Namur. Programmation complète sur www.intime-festival.be  
 

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