Rudy Léonet raconte son amitié avec Étienne Daho

Où on assiste à la naissance d’une amitié faite de respect, d’admiration et de reconnaissance. Rare.

Étienne Daho - BelgaImage

Illustré par Clarke, le livre Access All Areas de Rudy Léonet paraît en octobre. Pendant cinq semaines, nous en publions des extraits où – de Bowie à Daho, et de Gainsbourg à Cure – les belles rencontres se succèdent.

Étienne Daho est généreux. Au propre comme au figuré. Il est toujours le premier à sortir son portefeuille au restaurant au moment de l’addition, au nez et à la barbe de sa maison de disques ­censée régler les factures. Il a cette politesse rare de faire comprendre qu’il est reconnaissant au-delà d’un merci ou d’une poignée de main et il fourmille toujours de petites attentions. C’est déjà sur un cadeau que notre rencontre avait commencé en 1984.

Virgin Belgique avait raconté à Fabrice Nataf, qui était à la fois le patron de Virgin France et le manager d’Étienne, la manière dont je m’étais impliqué dans sa percée en Belgique avec Le grand sommeil. J’avais imposé ce titre à Radio Cité à force d’insister auprès de Marc Moulin. Je pense qu’Étienne le savait, mais on n’en parlait pas vraiment. Il y avait juste une bonne entente à chaque fois qu’on se croisait et on parlait de la scène rennaise, sa passion pour la new wave française: Marquis de Sade, Marc Seberg, Marie et les Garçons, Mathématiques Modernes et Octobre, l’ancien groupe d’Arnold Turboust, dont l’album était introuvable.

Un jour de 1986, Étienne revient à Bruxelles et on se recroise comme à chacune de ses visites. Il me dit qu’il a quelque chose pour moi et il me donne “Paolino Parc”, l’album d’Octobre. Une rareté. Bien des années plus tard, je ne sais pour quelle raison, on se remet à parler de Marquis de Sade, il me dit qu’il a toute la collection des disques de l’époque rennaise, mais qu’il lui manque l’album d’Octobre que moi, j’ai. Je lui demande comment il sait que j’ai ce disque, il me répond: “parce que c’était le mien, je te l’ai donné, donc je ne l’ai plus…”.

Dans les années 92/93, j’ai atterri à son anniversaire. Je ne savais pas quoi lui offrir, alors j’ai acheté une boussole “pour ne pas te perdre et garder le cap malgré les courants et les tempêtes”… À chaque fois qu’on se revoit, il me reparle de cette boussole qu’il a conservée précieusement comme un porte-bonheur, une manière de se souvenir d’où on vient et de se rappeler où on va.

Etienne Daho - AAA

 

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