Le rêve capital de Bertrand Burgalat

Musicien, arrangeur et patron de label, le dandy de la french pop rappelle qu’il est aussi chanteur sur un nouvel album onirique

Bertrand Burgalat @SergeLeblon

Et si c’était son heure? À 57 ans, son nom figure sur plus de deux cents disques sous ses multiples casquettes, même s’il n’en a pas vendu beaucoup. Bertrand Burgalat jouit d’une belle exposition média avec un livre (Tricatel Universalis aux éditions Cocorico) qui retrace les aventures de son label fondé en 1995, la réédition de son premier album solo “The Sssound Of Mmmusic” paru il y a vingt ans et surtout “Rêve capital”, nouveau disque et petite merveille.

Langoureux mais pas lounge

Riche de quatorze vignettes, “Rêve capital” se matérialise autour d’une voix mi-chantée, mi-parlée, d’orchestrations soignées, de refrains intemporels, d’atmosphères langoureuses (ne dites pas “lounge”, il déteste le terme) et d’histoires entre réel et imaginaire. « C’est du réalisme fantastique, souligne-t-il. «Il n’y a rien d’autobiographique dans mes chansons. Les auteures et auteurs qui m’ont aidé (Laurent Chalumeau, Blandine Rintel, Pierre Jouan… – NDLR) ne se mettent pas à ma place quand ils écrivent. Je m’en fous de raconter mes petits bobos. Pour moi, une bonne chanson pop doit dépasser son interprète.

“Rêve capital” débute la nuit (Flash) et se termine à l’heure du dodo (J’ai adoré cette journée). Des 1Carpenters à Pink Floyd (qu’il a vu en concert en 1974, premier choc musical à l’âge de 11 ans), de Jean-Claude Vannier à la poésie de Jacques Tati, cet érudit de la pop y met toutes ses passions. Il y est question de rêve forcément, de vie et toujours d’envie. “Plus les années passent, plus je suis radical. Je me dis que la vie est trop courte. Alors, autant faire des choses utiles qui n’ont pas encore été faites.”

Sa plus grande victoire

Fils d’un sous-préfet et d’une cantatrice, Burgalat a l’élégance bourgeoise, voire conservatrice, mais l’âme artistique toujours rebelle. “Quand j’ai fondé mon label Tricatel en 1995, c’était pour sortir des disques, ceux des autres – Michel Houellebecq, Valérie Lemercier, Chassol, Ingrid Caven, April March – et les miens, qui n’intéressaient pas grand monde mais qui devaient exister. Il n’y a jamais eu de démarche mercantiliste. Mes matières premières restent les mêmes, mais j’essaie à chaque fois de ¬proposer de nouvelles chansons sans revenir sur mes pas. Ma plus grande victoire, c’est d’être encore là. La démarche que je suis depuis vingt-cinq ans est validée par l’accueil réservé à “Rêve capital”. Et ça me touche profondément.

Bertrand Burgalat, Rêve Capital, Tricatel

Bertrand Burgalat dresse sa playlist de tous les temps dans le podcast Soundtrack Of My Life sur www.radiorectangle.be

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