Robbing Millions, l’ovni belge de l’été

Repéré par les Américains de MGMT qui l’ont signé sur leur label, le Bruxellois Lucien Fraipont sort « Holidays Inside », un double album qui réinvente la pop psychédélique.

Lucien Fraipont derrière Robbing Millions - Judith Williquet.

« Holidays Inside » est un double album boosté aux sonorités lo-fi. Soit dix-huit morceaux qui accompagneront nos apéros ensoleillés, égayeront nos après-midi parfois pluvieuses et sublimeront nos nuits étoilées. Dans les crédits imprimés sur la pochette, il est question d’enregistrement dans les Marolles, de Los Angeles, d’un ingé son au nom bizarre – Shags Chamberlain-. Quand aux titres des chansons, ils ouvrent la porte à toutes les interprétations. Au hasard, on citera Family Dinner, Tiny Tino, Rapa Mui, Dutch Sauna, Mon De Piété ou encore Wild, un truc forcément bien sauvage…

Un truc de dingue

Cet objet improbable est distribué par [PIAS] mais sort sur le label MGMT Records. Un truc de dingue et complètement jouissif, loin des formats et du mainstream. “Une histoire un peu folle, faite de hauts et de bas”, constate en toute humilité son auteur bruxellois Lucien Fraipont, désormais seul maître à bord de Robbing Millions. “Ces trois dernières années, j’ai accumulé des maquettes à la maison sur lesquelles je jouais de tous les instruments, sans vrai fil ­conducteur.”

Débarque alors le fameux Shags, collectionneur compulsif de vinyles et musicien 50% geek/50% freak  croisé chez Mac DeMarco. “Il vit à Los Angeles et connaît pas mal de monde là-bas. On avait correspondu par mail et il m’avait détaillé ce que je devais améliorer sur chaque morceau. De passage en Europe, il a squatté mon canapé pour m’aider à mettre de l’ordre dans mes chansons. Il sentait l’ours, avait des manies alimentaires un peu zarbi, devait s’acheter un vinyle par jour pour ne pas être déprimé, mais comprenait la musique comme personne”.

Banal et surréaliste

À l’écoute de “Holidays Inside”, on comprend aussi pourquoi Andrew VanWyngarden, chanteur de MGMT, a craqué. Avec ses guitares, son électro fragile, ses influences latino, un storytelling parfois tellement banal qu’il en devient surréaliste, ses influences jazz (Lucien est passé par le Conservatoire jazz de Bruxelles), ce disque est une boîte aux trésors de laquelle on ressort requinqué après chaque écoute. L’ovni de votre été. Et des saisons qui vont suivre.

Holidays Inside, MGMT Records/[PIAS]. Robbing Millions, le 10/12 à l’Ancienne Belgique.

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