Un public hyper chaud à la Fête de la Musique

Un vent de liberté retrouvée souffle ce week-end en Fédération Wallonie-Bruxelles avec plusieurs centaines de concerts gratuits. Moustique était au cœur de l’événement ce samedi et n’a vu que des sourires.

La Jungle Fête de la Musique, copyright Didier Bauweraerts

Des applaudissements qui claquent plus qu’ils ne cliquent. Des potes qu’on retrouve par hasard au détour d’un bar ou d’une scène. Des guitares qui sonnent comme des vraies guitares. Des gens qui dansent, qui chantent, qui bougent, qui vivent. Des musiciens qui transpirent. Des coups de cœur et, car c’est ça aussi la musique live, des déceptions… Et partout, mais alors partout, du sourire et des bonnes vibes….

Yes !!!!!!!!!!!!! Ce week-end tous les fans de musique, petits et grands, ont retrouvé la sensation et l’ivresse des concerts live. Le symbole est fort. Le symbole est juste. C’est la bien nommée Fête de la Musique qui marque le retour « à la vie d’avant », voire, pour certains, « à la vie nouvelle »  ou à la « vie autrement ». Depuis ce vendredi 18 juin jusqu’à ce lundi 21 juin, jour de solstice d’été, elle bat son plein avec plusieurs centaines de concerts gratuits, en plein air ou en indoor, un peu partout en Fédération Wallonie-Bruxelles. Et ça tient du miracle. Voici un mois encore, certains s’émouvaient quand trois saltimbanques jonglaient avec leurs quilles sur un place publique sous le slogan « stand up for culture » ou qu’un pianiste bravait les interdits en se produisant dans une église à l’heure de l’homélie. Ce week-end, en toute légalité, c’est une affiche pléthorique, diversifiée et 100% noir-jaune-rouge, qui est proposée. Gratuitement pour le public mais avec cachet à la clé pour tous les musiciens, techniciens, services de sécurité, bref tous ces secteurs qu’on qualifiait il y a peu encore de « non essentiels ».

Le public était en manque

Ambiance Fête de la Musique copyright Didier Bauweraerts

Ce week-end, entre le Cirque Royal et l’Esplanade de la Cité Administrative, épicentre bruxellois de cet événement populaire, nous avons pourtant eu la confirmation que la musique était bien essentielle. Et qu’elle avait manqué, tant pour le public que pour les artistes et toutes celles et ceux qui gravitent dans les coulisses. Bonne nouvelle aussi. A côté de valeurs sûres de notre scène musicale, on a pu voir pour la première fois en live des artistes qui ont explosé pendant le Covid. On pense ainsi à la double affiche Charles/Noé Preszow qui était proposée vendredi soir au Cirque Royal. La première cartonne avec un premier EP de dream pop moderne paru au printemps. Le second, déjà nommé aux Victoires de la Musique dans la catégorie Révélation, impressionne avec sa chanson française traditionnelle déclinée sur l’album inaugural « A Nous » paru sur le label français Tôt Ou Tard.

Un bien fou

Ce samedi, toujours au Cirque, devant deux cents personnes masquées et assises, Nicolas Michaux a enchaîné deux prestations pour rappeler tous les contours rock/chanson de son album « Amour Colère » sorti en septembre. Se présentant en formule trio, le dandy liégeois qui vit aujourd’hui sur une île danoise avec sa compagne et son enfant était arrivé à Bruxelles la veille. « J’ai pris le bateau, puis le car. Je suis arrivé dans mon hôtel à Ixelles vers 21h30. Je me suis baladé à Matongé. J’ai vu des gens aux terrasses, dans les rues, dans les restos. C’était surréaliste, ça faisait un bien fou. »

Fête de la Musique, Cirque Royal, copyright Fête de la Musique Bernard Babette

Saule, le dynamiteur de rêves

Saule, lui, vient de sortir « Dare-dare », son meilleur album à ce jour (interview et chronique à lire dans le Moustique de cette semaine). Vraie bête de scène qui a choisi de ne pas jouer le jeu des streaming live pendant le confinement (« un sparadrap qui ne m’intéressait pas »), le Géant au cœur généreux était chaud boulette. C’est peu de le dire. Après un seul morceau, gamins, parents et grands-parents étaient tous debout pour faire le pogo sur Chanteur Bio. Deux concerts pour lui aussi, deux triomphes et l’assurance que les perles de « Dare-Dare »  brillent déjà dans son répertoire scénique qui comprend une solide dose d’hymnes fédérateurs. On a transpiré, vibré, dansé. Merci Baptiste.

Saule au Cirque Royal. Copyright D.R.

L’élégance de David Numwami

Guitariste de l’ombre chez Charlotte Gainsbourg et Sébastien Tellier, l’élégant David Numwami présentait pour, sa part, son premier EP « Numwami World », paru ce vendredi. Un concert qui a ébloui dans sa première partie avec cette pop raffinée et personnelle mais est qui ensuite parti en sucette avec un karaoké aussi pénible qu’inutile. Nous, on voulait les nouveaux morceaux écrits et composés par David, pas des reprises de Voulzy avec lecture des paroles de Belle-Île-en-Mer sur un smartphone ou des souvenirs froissés de son premier groupe le Colisée. Il se rattrapera aux Nuits Botanique.

David Numwami, Fête de la Musique. Copyright Bernard Babette Fête de la Musique

It It Anita et les rois de La Jungle

Sur l’Esplanade de la Cité Administrative, où deux scènes sont installées (pour effectuer la rotation du public), grosse ambiance samedi avec du rock tendance dure et du hip-hop. Des bars, des food trucks, des pogos, de la bière servie à la pompe, du gros son… Yep, tout ça claque comme un vrai festival. Pas de distanciation sociale, peu de masques dans les premiers rangs, mais une ambiance bon enfant, positive et bienveillante. Ce n’est pas le Covid qui a eu raison de BRNS mais la météo, un bulletin de l’IRM forçant les organisateurs a annulé la prestation du groupe dans la crainte d’orages et de vents violents.

It It Anita Fête de la Musique copyright Didier Bauweraerts

Les fans de guitares ont été pourtant bien servi avec les prestations euphoriques de La Jungle et de It It  Anita. Gonflées en bloc après avoir été trop longtemps empêchées de se produire en live, les deux formations ont tout donné et beaucoup reçu aussi. « On n’attendait que ça « , nous criait un jeune spectateur entre deux secousses de groove. Nous aussi, on n’attendait que ça et les réjouissances ne font que commencer. Les organisateurs de la Fête de la Musique ont eu raison d’y croire. Ils ont ouvert les vannes et montré la voie pour la suite des réjouissances d’été. Top.

Fête de la Musique ambiance. copyright Didier Bauweraerts
 

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