Amélie Poulain a vingt ans, retour sur son fabuleux destin

Le film de Jean-Pierre Jeunet qui a révélé Audrey Tautou va ressortir sur nos écrans cet été.

Belga

Sorti fin avril 2001, « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain » fête ses vingt ans. Avant sa ressortie sur nos écrans (une fois que les salles seront ouvertes), retour sur un fabuleux destin en cinq points.

Amélie a été très critiquée

Alors qu’il sortait du tournage hollywoodien d’ « Alien : la résurrection », Jean-Pierre Jeunet allait prendre le contre-pied complet de tout ce qu’il avait fait. L’idée ? L’histoire d’une jeune fille de Montmartre dans un Paris fantasmé, un feel good movie populaire que certains n’allaient pas hésiter à appeler populiste : parmi la galerie de personnages présentés, aucun noir, aucun homosexuel, bref, un Paris de carte postale qui n’avait rien de réaliste. Alors que le succès du film s’emballait, les critiques aussi.

Aujourd’hui, Jean-Pierre Jeunet revient sur ces polémiques dans un entretien donné à La Repubblica : « Bien sûr, ce n’est pas un film réaliste, et certains publics veulent des films politiques, réalistes, un autre type de cinéma. Certains réalisateurs proposent des tranches de vie, je propose des tranches de gâteau. (…) Chaque fois que vous réussissez, quelqu’un vous attaque en disant le contraire. J’ai été critiqué parce qu’il n’y avait pas d’homosexuels, pas de Noirs… C’est difficile d’échapper à ce genre de critiques. Notamment parce que pour beaucoup, l’opposition représente une excellente vitrine ».

Amélie devait s’appeler Emily

Au départ, Jean-Pierre Jeunet avait l’actrice anglaise Emily Watson en tête pour jouer le rôle d’Amélie… Qui devait donc s’appeler Emily. Il avait écrit le rôle en anglais car l’actrice « perdait la moitié de son talent » en français. Et puis, pour des raisons familiales, Emily Watson a refusé de s’installer à Paris et a décliné le rôle. Jeunet est alors tombé, dans Paris, sur l’affiche de « Venus Beauté : Institut » de Tony Marshall. C’était sa première rencontre avec Audrey Tautou: « Elle n’avait fait qu’un seul film à l’époque. Je l’ai convoquée et il ne m’a fallu que douze secondes pour comprendre qu’elle était parfaite pour le rôle ». And the rest is History..

Amélie a parcouru le monde

En France, le film a cartonné avec 8,64 millions d’entrées et a remporté quatre César (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure musique, meilleurs décors… Tristement, pas de meilleure actrice pour Audrey Tautou). Mais c’est aux quatre coins de la planète qu’Amélie Poulain a connu un succès retentissant, devenant le film en langue française le plus lucratif de l’Histoire avec 23 millions de spectateurs et 133,5 millions d’euros de recettes. Il garda cette position dix ans, jusqu’à « Intouchables » qui est toujours intouchable aujourd’hui (31,9 millions d’entrées). En Belgique, 617.000 spectateurs ont vu Amélie au cinéma. Et depuis vingt ans, « il ne se passe pas quatre minutes sans que des touristes ne se prennent en photo devant le Café des 2 Moulins ».

Amélie a réhabilité l’accordéon

Indissociable du film est la musique onirique de Yann Tiersen et son accordéon magique. Soudain, l’instrument de la vieille France redevenait hype ! En réalité, pour composer la bande-son d’Amélie Poulain, Yann Tiersen a été pioché dans ses trois albums précédents et récupérer le reste pour son disque « L’Absente » qui allait sortir quelques mois plus tard. Résultat : un César et 1,5 millions de copies vendues dans le monde. Yann Tiersen ferait d’autres bandes originales de films par la suite (« Goodbye Lenin ! »), signerait sur un label anglais (Mute, le label historique de Depeche Mode et Nick Cave) et puis, il se retirerait sur son île en Bretagne. Son accordéon est toujours écouté partout dans le monde, mais il n’aime pas être sans cesse ramené à Amélie.

Amélie a échoué aux Oscars

Alors que la route des Oscars lui était toute tracée (un succès populaire aux Etats-Unis avec 5,5 millions de spectateurs et 33 millions de dollars au box-office et cinq nominations), elle est rentrée bredouille. La faute à un certain Harvey Weinstein dont la firme, Miramax, distribuait le film.

Jean-Pierre Jeunet dans La Repubblica : « Nous avons bénéficié d’une excellente configuration astrale. Tout au moins jusqu’à l’Oscar que nous aurions dû remporter. Ils étaient tous si confiants que Steven Spielberg m’avait même envoyé une lettre de félicitations à l’avance. Mais mon « ami » – je tiens à préciser que c’est ironique – Harvey Weinstein, qui était également le distributeur du film, a été boycotté en raison de ses nombreux abus et, au final, ça a mal tourné ».

Sur le même sujet
Plus d'actualité