Indochine a quarante ans ce 10 mai

Nicola Sirkis revient sur la toute première répétition du groupe un dimanche d’élections présidentielles au printemps 1981. Bon anniversaire Indochine.

Indochine souffle ses quarante bougies. Copyright Sony Music

« Cinq présidents. Des guerres, stupides, comme toujours. Des révolutions, des évolutions, des régressions aussi. Des progrès technologiques, des progrès sociaux, la fin de la peine de mort, le mariage pour tous. Et puis la terrifiante irruption du populisme, du terrorisme… Les migrations massives, les crises économiques à répétition, les mensonges flagrants et encore Tchernobyl, le changement climatique indéniable et les crispations qu’ils engendrent, la Covid-19. On a vu tomber un mur, à Berlin, et on tremble d’en voir ériger d’autres, au Mexique, en Grèce ou en Hongrie. On est passé de rien au minitel au bebop à internet et au smartphone … le monde en 40 ans.« 

Comme l’évoque Indochine dans cette note d’intention, il s’en est passé des choses ces quatre décennies et le groupe français a accompagné tout cela. A témoigné, aussi, à sa façon, jamais frontalement, avec un sens de la nuance, de la distance et de la pertinence. Et donc, comme les livres de l’Histoire du rock nous le précisent, tout a commencé pour Indochine un dimanche 10 mai 1981. Première répétition, premier acte fondateur, premières chansons aussi…

Première composition

« Ce jour-là, c’était le second tour des élections présidentielles en France », se souvient Nicola Sirkis. « Mais à vrai dire, on s’en foutait de Mitterrand. J’avais peur, par contre, que l’arrivée du socialisme à l’Elysée débouche sur un bordel social en France, voire un coup d’Etat qui aurait pu compromettre l’avenir d’Indochine. »

Cette première répétition à Paris dépasse la simple réunion de copains musiciens. « On a répété sérieusement l’une de nos premières compositions, Dizzidence Politik (qui figurera sur leur premier album « L’aventurier »  en 1982). Le titre sonnait exactement comme Dominik (Dominik Nicolas, membre fondateur d’Indochine) et moi l’avions espéré. On sentait qu’on tenait quelque chose ? Je ne pensais pas tourner quarante plus tard dans les stades avec Indochine, mais j’avais envie de me battre pour que ça marche. »

Surprise le 19 septembre

Convaincu par ce tour de chauffe, Indochine se retrouve régulièrement pour peaufiner ses premières chansons et accumuler assez de matériel sonore pour affronter la scène. Leur premier concert officiel aura lieu le 19 septembre 1981 au Rose Bonbon, le club new-wave branché parisien de l’époque. Et comme le groupe l’expliquait le mois dernier à Moustique, Indochine a prévu quelque chose ce 19 septembre prochain pour marquer le coup. Pour rappel, les deux compilations du groupe continuent à se vendre comme des petits pains, la tournée des stades a été reprogrammée en 2022 (toujours sans date belge) et Indochine réfléchit déjà à la suite de ses aventures. Car oui, il y aura un quatorzième album d’Indochine.

« On a un putain de public »

Quand on lui demande en quoi les fans d’Indochine qui ont quinze ans aujourd’hui sont différents de ceux qui ont découvert Dizzidence Politik et L’Aventurier en 81/82, Nicola Sirkis réfléchit quelques secondes avant de répondre. « Bonne question. Je ne sais pas s’ils ont les mêmes attentes. Probablement pas. Par contre, ils sont sur la même longueur d’ondes aux concerts. Les jeunes sont devant, les anciens derrière, mais c’est une célébration et beaucoup d’émotion. On a un putain de public, car ça n’a jamais été facile d’être fan d’Indochine. En France, quand on a commencé, il y avait Noir Désir d’un côté et les boys bands de l’autre. Nous on était au milieu… »

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