À découvrir d’urgence, l’humoriste Thomas Poitevin

Des perruques vaguement droites, pas de make-up, des personnages – comme nous – confrontés aux aléas du confinement, des micros fictions filmées au smartphone: une étoile est née.

Thomas Poitevin

Un an d’épidémie, des mois de confinement, des semaines et des semaines à zoner sur les réseaux sociaux pour calmer son ennui et tomber sur une équipée d’internautes prêts à tout pour se faire remarquer. Depuis plus d’un an, sur Internet, on trouve tout au rayon confinement… Des chanteurs et des DJ’s qui gèrent plus ou moins des Facebook lives gênants, des prétendants humoristes qui se filment dans des sketches qui font baisser les yeux,  des citoyens remontés qui s’improvisent chroniqueurs et postent des vidéos mettant en scène des avis sur à peu près tout ce qui touche à la gestion de la pandémie. Quand ce n’est pas le contraire, des citoyens chill qui prodiguent des conseils pour nous aider à transformer l’épreuve en quête de soi et à rester positifs – quelque part entre le dalaï-Lama et Patrick Sébastien. Heureusement, dans cette production qui mendie du click, il y a Thomas Poitevin, vraie révélation du web confiné.

Comédien et auteur pas très exposé jusqu’ici, Thomas Poitevin  a profité du premier lockdown pour relifter ses comptes Facebook et Instagram sur lesquels il poste des vidéos labellisées Les perruques de Thomas. En mode “arte povera”, c’est-à-dire comptant sur le soutien de trois postiches et demi, autant d’accessoires, pas de make-up, une barbe de deux jours et un fond blanc, Thomas Poitevin fait défiler une galerie de personnages, féminins et masculins (mais surtout féminins), pris en flagrant délit de conversations privées à se tordre de bonheur. Au téléphone, devant l’ordi, en présentiel masqué, en distanciel bol de yaourt en mains, au lit, en télétravail, ces créatures venues de la vraie vie disent toutes quelque chose de l’absurdité du quotidien dans laquelle nous a balancés l’épidémie…

Parmi les plus réussies, Laurence et Marine, collègues dans un théâtre confronté à la fermeture des salles et au casse-tête de la programmation. Caro – sans doute la vedette de la bande, Parisienne au langage de Parisienne, délicieuse fille au ton traînant, hyperconnectée WhatsApp et Covid-friendly. Hélène, chic  et snob, qui suit son mari à la trace dans ses  révélations professionnelles, aubaines délivrées en bonus par le coronavirus. Marcelle, la vieille bourge du quartier, raciste et adepte de la calligraphie, qui va chez les flics pour s’adonner à un loisir nouveau – la délation. Jocelyne qui “click and collect” des livres et qui, parce que sa “petite libraire” s’est trompée, doit se taper le dernier Marc Levy – “tu me diras, ça m’a pris deux heures; et puis, à ma  grande surprise, il a une petite musique.”

Laboratoire, en même temps que récréation – ces capsules vidéos accumulent les vues, attirent l’attention des médias mainstream (il était “un peu tout ému” l’autre jour de nous montrer le portrait que lui a consacré Libé) et servent de cartes de visite à un spectacle en cours d’écriture. En attendant de découvrir ce show – qui excite déjà la communauté créée autour de ses perruques – découvrez l’univers de Thomas Poitevin qui a commencé le confinement en rasant les murs de Facebook et d’Instagram et qui, aujourd’hui, ne peut plus faire une vidéo sans se ramasser des milliers de likes.  

Instagram @les.perruques.de.thomas
Facebook : les perruques de thomas

 

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