Greta Van Fleet, enfants du rock

La jeune fratrie américaine remonte le temps sur son deuxième album.

@ Prod

À sa sortie en 2018, “Anthem Of The Peaceful Army”, premier album de Greta Van Fleet, avait été encensé et dézingué pour les mêmes raisons. Trois frangins et leur pote, originaires d’un bled paumé du Michigan (Frankenmuth) exhibent les codes inventés quatre décennies plus tôt par Led Zeppelin, Black Sabbath ou Deep Purple. Mais là où on saluait le génie de Jack White ou de King Gizzard quand ils s’inspiraient des seventies, la démarche de Greta Van Fleet était accueillie avec suspicion par les snobards du rock.

Après avoir attiré un million de spectateurs lors de sa première tournée mondiale, Greta Van Fleet enfonce le clou avec “The Battle At Garden’s Gate”. Enregistré sous la houlette de Greg Kurstin (Foo Fighters, Paul McCartney), ce disque montre un quatuor qui apporte des nuances à son “classic rock”. La ballade en crescendo Broken Bells ou The Weight Of Dreams illustrent cette volonté d’offrir plus de sophistication dans les arrangements. Au jeu impressionnant du guitariste Jake Kiszka et au timbre haut perché de son frère Josh, les deux signatures du groupe, s’ajoutent de l’orgue (l’excellent The Heat Above), une section rythmique plus musclée (Age Of Machine), de longs intermèdes instrumentaux et, même si ce n’est pas leur fonds de commerce, des textes moins anodins. Tourné caméra à l’épaule avec une qualité d’image graineuse, le clip de My Way Soon voit quatre jeunes mecs faire de la musique sur scène, prendre du plaisir dans un bus de tournée, plaisanter autour d’une bière ou d’un barbecue. Leur définition de ce que peut être encore un groupe de rock and roll en 2021. Cliché ou pas, ça fait du bien.

@D.R.

Great van fleet –  The Battle At Garden’s Gate Republic/Universal

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