Festivals : à quand des réponses claires ?

Les festivals de la Fédération Wallonie Bruxelles en ont assez de ne pas avoir de perspectives. Après le report des concerts-tests, passé presque inaperçu, la colère gronde.

Avez-vous déjà vu deux étés sans festivals ? - BELGA

« Plus d’un an d’obscurité sans la moindre lueur. » Les festivals en ont ras-le-bol. Faute de perspectives claires, certains ont jeté l’éponge, comme Rock Werchter, Couleur Café, Graspop Metal Meeting et Roots & Roses Festival. D’autres ont préféré jouer la carte de l’optimisme, en espérant pouvoir reporter leur édition au mois de septembre. C’est notamment le cas de Tomorrowland, de l’Inc’Rock et des Nuits Botanique. Pour le reste, le temps est toujours incertain.

Dans une carte blanche signée par les membres de la Fédération des Festivals de Musique Wallonie-Bruxelles (FFMWB), ceux-ci répètent leur besoin de voir un peu plus clair pour leur avenir. « Aujourd’hui nous n’en pouvons plus d’être gentils ! Nous n’en pouvons plus d’avoir cette impression de ne pas exister. Nous n’en pouvons plus de voir nos équipes, nos fournisseurs, nos amis, nos artistes, nos techniciens ramer financièrement, changer de métier, sombrer dans la dépression, et parfois, hélas partir tout court. Nous n’en pouvons plus de ne pas avoir de réponses à nos questions », lancent-ils, à deux jours d’un nouveau Comité de concertation.

Secteur ignoré

Dans l’attente depuis plusieurs mois, le secteur s’interroge : « pourquoi est-ce si difficile de nous donner une réponse claire sur la possibilité d’organiser des événements de plus de 5.000 personnes cet été ? Un oui ou un non nous suffirait… » Ignorés par les politiques, les organisateurs ne se font toutefois pas d’illusion : les gros rendez-vous à pleine jauge sont plus ou moins morts et enterrés. Mais ils demandent surtout un protocole clair et progressif pour une réouverture du secteur culturel et événementiel. « Cela nous permettrait de préparer un été qui ne serait pas vide de culture », redoutent-ils, exigeant des aides financières à la hauteur de leur perte.

Concerts-tests reportés

Autre coup dur, la décision du Comité de concertation de reporter les concerts-tests est restée en travers de la gorge du secteur culturel. Comme aux Pays-Bas, en Espagne et bientôt en France, la Belgique compte sur des événements de ce type pour pouvoir donner des perspectives réelles au secteur de la culture et espérer une réouverture rentable et sécurisée. Le groupe liégeois Ykons devait ouvrir le bal à Spa. Ce ne sera donc pas pour tout de suite. Aucune date n’a été annoncée pour ce report. Quant à savoir ce qui coince, c’est également flou. « Pourquoi est-ce si difficile de proposer des événements test ? Les résultats de ces tests seraient de fameux outils pour une relance progressive et en toute sécurité du secteur », soulignent les 40 membres de la FFMWB, dont Dour, Les Ardentes, BSF et Ronquières Festival, qui n’ont pas encore pris une décision pour cet été.

Fatigués de ne pas être écoutés, ces festivals se demandent s’ils ne devraient pas suivre l’exemple de l’horeca et donner rendez-vous aux festivaliers dans les parcs de Bruxelles et Wallonie, avec ou sans autorisation. « Il serait sans doute plus simple et plus efficace de répondre à nos questions qui nous paraissent à la fois urgentes et légitimes. »

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