Nous sommes désolés, Britney !

Alors que la justice rouvre le dossier de la mise sous tutelle de Britney Spears, un documentaire choc dévoile la triste réalité derrière la vie de pop star.

Belga

C’est une histoire triste qui n’est pas sans rappeler celle de Whitney Houston ou d’Amy Winehouse. Celle d’une jeune chanteuse pleine de talent qui connaît un succès foudroyant avant de se faire broyer par la folie des médias et un entourage toxique qui, sous prétexte de la protéger, finit par prendre le contrôle de sa carrière, de ses finances et de sa vie. Voilà, en quelques lignes, le pitch du documentaire « Framing Britney Spears » produit par le New York Times. Mais à la différence de Whitney Houston et d’Amy Winehouse, l’histoire de Britney Spears n’est pas finie.

Le documentaire

« Framing Britney Spears » raconte le succès et la chute d’une jeune fille innocente qui rêvait de devenir pop star. Son rêve devient réalité en 1998, alors qu’elle a juste 17 ans. Avec ses 10 millions de singles vendus (et 25 millions d’albums), …Baby One More Time, son premier titre, fait d’elle la nouvelle Madonna. Pop star planétaire du jour au lendemain, la jeune fille innocente va découvrir brutalement le revers de la médaille.

Ce que montre bien le documentaire du New York Times (diffusé sur Hulu et FX aux Etats-Unis), c’est comment la surmédiatisation dont elle a été l’objet l’a complètement détruite. Britney a été jetée dans la gueule des loups. Et vu de 2021, cette médiatisation est particulièrement choquante, car à la fois sexiste et violente.

D’un côté, l’adolescente se voit posée des questions sur sa vie sexuelle ou son apparence à tout bout de champ, comme si elle était un vulgaire bout de viande. De l’autre, les plus conservateurs l’accusent de pervertir la jeunesse occidentale avec ses tenues débridées et sa sexualisation à outrance, comme si elle était un vulgaire bout de viande. Personne  pour se rendre compte que derrière, ils sont quelques uns à tirer les ficelles de la gloire…

Parmi eux, sa première manager, Lou Taylor et son père, Jamie Spears. En 2007, Britney tombe en dépression. Et chaque étape est filmée au plus près, documenté… Et montré à la cour. On se souvient évidemment de l’épisode où elle se rase les cheveux. Evidemment, on s’est tous dit qu’elle était devenue folle, mais personne n’a regardé la détresse qui se dévoilait sous nos yeux.

C’est dans ce contexte que la vie et les biens de Britney Spears sont mis dans les mains d’autrui. Son père devient le principal tuteur et gère ses affaires. Selon « Framing Britney Spears », ce n’est peut-être pas uniquement par amour, mais aussi par appât du gain. Dans une interview à MTV de 2009, Britney Spears, en larmes, avait comparé cette mise sous tutelle à une privation de liberté sans fin.

Selon la chanteuse Courtney Love, qui a partagé la manager de la pop star, celle-ci avait déjà essayé de la mettre sous tutelle, échouant de peu. « J’ai réussi à m’en sortir parce que j’ai une grande gueule et quelque part, ça m’a porté chance, mais quand je vois ce qu’ils ont fait à Britney, c’est l’une des pires choses que j’ai vue faire à une autre femme ».

La mise sous tutelle

« Framing Britney Spears » tombe à pic, alors qu’un tribunal de Los Angeles rouvre le dossier de la mise sous tutelle de la chanteuse pop. Depuis 2008, Britney, jugée « incapable », n’a plus le contrôle sur sa vie. Ses mouvements et ses dépenses sont sérieusement observés à la loupe, sa santé aussi – ses passages en institut psychiatrique et sa prise de médicaments sont décidés par un consortium de personnages dont son père, Jamie Spears, tuteur principal. Il gère la fortune de sa fille, ses biens, ses dépenses et sa carrière. Mais les choses pourraient évoluer.

Début 2019, les choses se sont mises à bouger. Le père de Britney a eu de sérieux problèmes de santé, ce qui l’a poussé à faire un pas de côté dans la gestion des affaires de sa fille. Ensuite, Andrew Wallet, co-tuteur, s’est retiré après onze années. Tout cela a permis à une certaine Jodi Montgomery, personne de confiance de Britney, de devenir co-tutrice de façon temporaire. En août 2020, Britney demande officiellement que son père, à qui elle ne parle plus depuis deux ans, soit remplacée de façon permanente, non pas par Jodi Montgomery, mais par la banque privée Bessemer Trust.

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#FreeBritney

Dans le même temps, le mouvement #FreeBritney s’est mis en branle. Lancé par des fans, il demande à ce qu’on « libère » Britney Spears de la tutelle de son père. Le mouvement a permis de médiatiser toute cette affaire, mais depuis la diffusion du documentaire « Framing Britney Spears », il a pris de l’ampleur et est désormais pris au sérieux. Plusieurs personnalités ont joint leurs voix pour soutenir Britney Spears. Et un autre hashtag est apparu sur les réseaux #IamSorryBritney (Je suis désolé, Britney). Comme si le silence devant cette affaire était un aveu de complicité.

Lors de la première audience, la cour a décidé que Jamie Spears et Bessemer Trust partageraient la tutelle. Une petite victoire pour Britney et le mouvement #FreeBritney. La chanteuse elle-même, qui ne communique plus que par des posts Instagram pour le moins cryptiques et qui laissent à penser que son état de santé n’est pas au mieux, s’est comme réveillée et a remercié ses fans pour le soutien. « N’oubliez pas, peu importe ce que nous pensons savoir sur la vie d’une personne, ce n’est rien comparé à la personne réelle vivant derrière l’objectif », a-t-elle écrit. Il reste deux audiences en mars et en avril pour organiser le partage du pouvoir sur sa carrière et sa fortune de la chanteuse.

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