Pourquoi il faut aller voir l’expo Warhol. The American Dream Factory

Bonne nouvelle : l'exposition Warhol. The American Dream Factory est prolongée jusqu'au 18 avril 2021. L'occasion de (re)découvrir ce parcours dense, varié, bien scénarisé, qui vaut que l’on y prenne son temps.

Warhol. The American Dream Factory

Marilyn Monroe, Elvis Presley, Liz Taylor, Jacqueline Kennedy, Madonna, Coca-Cola… Andy Warhol (1928-1987) choisit des mythes de masse comme sujets. “J’aime tout mettre au même niveau”, disait-il. Puisant sans complexe dans la grande banque d’image de son temps, il accorde autant d’attention à une conserve de soupe qu’à l’écrivain Truman Capote – pourvu que cela concerne le rêve américain. Pour ce fils d’émigrants slovaques qui, à 20 ans, quitte sa ville natale de Pittsburgh pour New York et entame une carrière d’illustrateur publicitaire, le succès et la réussite sont très attirants puisqu’en Amérique, ce n’est pas un péché. “Acheter est bien plus américain que penser”, affirme Andy Warhol.

 Warhol. The American Dream Factory

Dans les années 60, l’actualité s’accélère – crise de Cuba, assassinat de JFK, lutte pour l’émancipation des homosexuels, flower power… Warhol flaire l’air du temps et la société de consommation. Il en tire le portrait, sur le principe de la sérialisation des images – un sujet est décliné en plusieurs exemplaires avec des variantes de couleurs. C’est l’époque des boîtes de soupe Campbell, des Marilyn. Son lieu de travail, la Factory à New York, véritable ruche en partie reconstituée à Liège, accueille artistes et personnalités de la contre-culture, stars ou marginaux, riches ou pauvres, straights ou gays.

Andy crée des pochettes de vinyles – les deux plus célèbres restant celle à la banane du Velvet Underground et celle de “Sticky Fingers” (jeans à la braguette) des Rolling Stones. Il réalise aussi des films, loin des standards de Hollywood. Le 3 juin 1968, la féministe Valerie Solanas tire sur Warhol et le blesse. Il s’en sort, mais ce sera un tournant dans sa vie. La démarche artistique d’Andy est devenue un business dont la grande spécialité est la commande de portraits par l’aristocratie des people.

En 1984, Regan fait campagne sur le thème “It’s morning again in America”. Mais qui partage cet optimisme alors qu’un nouveau fléau, le sida, fait rimer sexe et mort? C’est le bouillonnement de la culture punk, de l’art de la rue, de la culture gay. Dandy à perruque blonde, il collabore avec Jean-Michel Basquiat et Keith Haring. Riche et célèbre, Warhol est désormais une icône, parfois jusqu’à la caricature. Et en 1987, tout s’arrête à la suite d’une banale intervention chirurgicale. Il n’avait que 58 ans. Pour raconter ce foisonnant créateur pour qui “l’art est la glorification de rien”, l’équipe de Tempora a su aménager entre les œuvres (près de 300!) une série de “sas” explicatifs ménageant la transition d’une décennie à l’autre. Dense, varié, bien scénarisé, le parcours vaut que l’on y prenne son temps. Un passionnant rendez-vous!

ANDY WARHOL – THE AMERICAN DREAM FACTORY, jusqu’au 18/4/21. Musée de La Boverie 3, 4020 Liège. www.laboverie.com

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