Décès de Stefano Mazzonis : disparition d’un esthète

L’Opéra Royal de Wallonie est en deuil. Son directeur, Stefano Mazzonis di Pralafera vient de tirer sa révérence à l’âge de 72 ans.

Stefano Mazzonis - BelgaImage

On aurait pu croiser sa silhouette dans un film de Luchino Visconti. Et ce qu’il a apporté à Liège, c’est sa formidable italianité. Issu de la noblesse, Stefano Mazzonis di Pralafera est né à Rome en 1949. Cet amoureux du répertoire classique est devenu directeur de l’Opéra de Liège en 2007, après avoir dirigé le Teatro Communale di Bologna. C’était un touche à tout : metteur en scène, directeur musical, créateur de décors ou de costumes. Sa tâche n’était pas tout à fait terminée puisque son mandat courait jusqu’en 2022 mais, en 13 ans, Stefano Mazzonis a réussi à placer Liège sur la carte des opéras qui brillent et a contribué à redorer le blason culturel de la Cité Ardente.

Sa vision de l’opéra était résolument tournée vers les œuvres classiques. Verdi, Rossini, Puccini, Donizetti et bien sûr Mozart. A l’occasion du bicentenaire de son institution, il réaffirmait sa philosophie au cours d’une interview qu’il avait accordée à Moustique en octobre dernier.
« Depuis le début, déclarait-il, notre direction artistique consiste à être un point de repère de l’opéra italien et français, à jouer les « tubes », les spectacles qui plaisent au public mais aussi à faire redécouvrir des ouvrages moins connus ou méconnus de grands compositeurs. Toujours dans un grand respect de l’œuvre et de son auteur. »

Considérant que l’opéra est un art populaire qui doit être accessible à tous, il a multiplié les initiatives pour attirer le jeune public, notamment l’utilisation du streaming dès 2009 et une politique de prix qui permettent un accès plus facile aux jeunes et aux plus démunis. « Quand on a commencé le streaming, se rappelait-il, beaucoup de monde m’a dit que j’allais perdre du public, vu que le streaming est gratuit. J’ai toujours été convaincu du contraire, qu’un public qui tombe par hasard sur un opéra aura envie de venir en salle. »

C’est durant son mandat que l’Opéra de Liège a connu ses grands travaux de rénovation. Ce qui représente un risque énorme quand une institution doit délocaliser ses spectacles sous chapiteau pendant plusieurs mois. Mais le pari de Stefano di Pralafera fut gagné. En 2012, lors de sa réouverture, l’Opéra a retrouvé son public, tant et si bien que depuis 4 ans, la plupart de ses productions sont jouées à guichets fermés.

 

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