Golden Globes 2021: les favoris, et les snobés

Après une année noire pour les cinémas, les Golden Globes ont annoncé leurs nominations ce mercredi, avec quelques bonnes et moins bonnes surprises.

Les Sept de Chicago arrive à la deuxième place, avec cinq nominations. - Netflix

La pandémie a bouleversé le monde du cinéma, et ses cérémonies. L’une d’entre elles, présentée comme un bon indicateur pour les Oscars, a dévoilé ses nominations ce mercredi: les Golden Globes. Si les résultats tomberont le 28 février prochain, un gagnant ressort déjà de cette 78e édition particulière: Netflix. Le géant du streaming a visiblement profité de la fermeture des salles obscures puisqu’il est sélectionné à 42 reprises, films et séries confondus.

Le grand écran résiste

Côté films, Netflix pourra compter sur Mank de David Fincher, sélectionné dans six catégories dont celles de meilleur film dramatique et meilleure réalisation. Ce long-métrage en noir et blanc explore l’âge d’or d’Hollywood en suivant le scénariste Herman J. Mankiewicz, joué par Gary Oldman, et la création du célèbre film d’Orson Welles Citizen Kane. À la seconde place arrive, avec cinq nominations, une autre production Netflix: Les Sept de Chicago signée par Aaron Sorkin, sur un procès historique suite à la convention démocrate pour les primaires de la présidentielle de 1968, sous haute tension.

Mais dans la catégorie Drame, le grand écran fait mieux que résister face à Netflix, grâce à The Father, tiré de la pièce de théâtre française à succès de Florian Zeller, également réalisateur du film, Promising Young Woman, une brillante croisade féministe post-MeToo, ou encore Nomadland, grand favori. Lion d’Or de la Mostra de Venise, le film de Chloe Zhao s’inspire d’un livre du même nom, écrit par Jessica Bruder, qui se penche sur la dure réalité de milliers de travailleurs nomades qui ont perdu leur foyer et leurs économies lors de la crise financière de 2008.

Dans la catégorie comédie et comédie musicale s’opposent Borat 2 (Amazon), Hamilton (Disney +), The Prom (Netflix), Palm Springs (Hulu) et le controversé Music (Imax).

Who run the world?

Autre révolution pour cette édition: les Golden Globes ont nommé une majorité de femmes dans la catégorie meilleure réalisation. En près de 80 ans d’existence, seules Barbara Streisand, Jane Campion, Sofia Coppola, Ava DuVernay et Kathryn Bigelow ont brisé ce plafond de verre. En 2021, elles sont trois: Chloe Zhao (Nomadland), Regina King (One Night In Miami) et Emerald Fennell (Promising Young Woman). La star de Watchmen et l’interprète de Camilla dans The Crown signent d’ailleurs ici leur premier film. Elles feront face à David Fincher et Aaron Sorkin.

Ce moment historique s’inscrit dans le vent de changement qui souffle sur Hollywood depuis plusieurs années. Selon le Centre d’études des femmes au cinéma et à la télévision de l’Université de San Diego, la place des réalisatrices est de plus en plus importante, même si le milieu est encore loin d’être paritaire. Sur les 100 films les plus rentables de 2020, 16 étaient réalisés par des femmes, contre 12 en 2019 et seulement 4 en 2018.

Black Panther à titre posthume

Devant la caméra, la compétition sera encore plus rude. Dans la catégorie meilleur acteur dramatique, le regretté Chadwick Boseman récolte une nomination posthume pour son rôle d’un trompettiste ambitieux dans Le blues de Ma Rainey, produit – encore – par Netflix. Il se retrouve face à Riz Ahmed, musicien, lui aussi, devenant sourd dans Sound Of Metal, au Français Tahar Rahim, pour son interprétation d’un Mauritanien torturé et enfermé à Guantanamo après avoir été accusé à tort de terrorisme dans Désigné Coupable, ainsi qu’aux vétérans Anthony Hopkins (The Father) et Gary Oldman (Mank).

Du côté des actrices dans un drame, Viola Davis (Le blues de Ma Rainey) et Frances McDormand (Nomadland) s’affrontent pour remporter leur deuxième statuette. Mais Vanessa Kirby, bouleversante face à la perte de son enfant dans Pieces of a Woman, Carey Mulligan, assoiffée de vengeance dans A Promising Young Woman ou Andra Day, l’interprète de la chanteuse aux multiples addictions Billie Holiday dans son biopic, pourraient leur voler la victoire.

Incompréhension

Comme sur le grand écran, Netflix règne côté séries, avec les nominations de The Crown, Ozark et Ratched dans la catégorie drame (face à Lovecraft Country et The Mandalorian), et celles de The Queen’s Gambit et Unorthodox dans la catégorie mini-série (face à Normal People, Small Axe et The Undoing). Mais la surprise revient à Emily in Paris, qui récolte non pas une, mais deux nominations dans les catégories meilleure série comique et meilleure actrice pour Lily Collins.

Cette sélection est d’autant plus déplorable et incompréhensible que des séries saluées par la critique, comme I May Destroy You, The Plot Against America ou encore Tales from the Loop, ont été complètement snobées.

Côté films, on peut citer d’autres absences remarquées, comme celles de Da 5 Bloods de Spike Lee et de Tenet de Christopher Nolan. Le film qui était censé sauver le cinéma en 2020 est présent dans une seule catégorie, celle de la Meilleure musique de films. Même constat pour Drunk, sélectionné dans le meilleur film en langue étrangère, mais pour qui le cinéaste Thomas Vinterberg et l’acteur Mads Mikkelsen auraient pu espérer décrocher une récompense.

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