L’investiture de Joe Biden, côté pop

La prestation de serment du 46e président des Etats-Unis a aussi été l'occasion d'un grand raout pop et culturel à la gloire de l'Amérique. La jeune poétesse Amanda Gorman a fait sensation.

La poAmanda Gorman, nouvelle étoile de la poésie américaine - Belga

Les mots qui resteront du discours de Joe Biden en ce 20 janvier 2021 sont « aujourd’hui, nous célébrons le triomphe de la démocratie ». Mais a cérémonie d’investiture du président des Etats-Unis est aussi, traditionnellement, un grand raout pop et culturel à la gloire de l’Amérique. Un peu comme une mi-temps de Superbowl très formelle, les messages politiques et patriotes en plus. Cette année, plusieurs pop stars dans des styles divers ont été conviées à la fête, mais c’est une jeune poètesse qui a marqué cette journée.

Lady Gaga presque sobre et Jennifer Lopez rebelle

C’est à Lady Gaga qu’est revenue la tâche de chanter l’hymne national américain. Elle l’a fait de manière presque sobre, une colombe dorée, symbole de la paix, embrochée bien en évidence sur son coeur. Celle qui a lancé un gigantesque téléthon virtuel au début de la pandémie de coronavirus au printemps dernier y a mis tout son coeur et sa passion. On ne lésine pas avec le Star Spangled Banner !

Jennifer Lopez, elle, y est allé de son message politique. Interprétant This Land Is Your Land (« Ce pays est ton pays »), titre écrit par le chanteur folk Woody Guthrie (l’idole de Bob Dylan) en 1940 et devenu depuis une sorte d’hymne officieux de l’Amérique. Jennifer Lopez, d’origine portoricaine, y a ajouté un vers en espagnol pour bien marquer que l’Amérique n’était pas l’apanage de quelques blancs d’origine anglo-saxone, mais de tous ceux, venus de divers horizons, qui font le pays : « Una nacion con libertad y justicia por todos », soit « Une nation de liberté et de justice pour tous ». Le message est passé. Reste à voir s’il a été entendu…

Soirée virtuelle et feu d’artifice

Dans la soirée, Tom Hanks a joué les hôtes pour un show télévisé intitulé « Celebrating America ». De Washington à Memphis, la soirée a vu plusieurs chanteurs se succéder, certains en direct, d’autres à l’évidence qui avaient enregistré leur performance. C’était le cas de Justin Timberlake et du chanteur soul Ant Clemons, qui ont proposé, depuis les anciens studios du label soul Stax à Memphis devenu un musée à la mémoire de la musique noire (un symbole évidemment pas anodin), un nouveau titre pour l’occasion, judicieusement intitulé Better Days (« De meilleurs jours »).

Avant cela, Bruce Springsteen s’est fendu, seul à la guitare, du traditionnel A Land of Hope and Dreams (« Un pays d’espoir et de rêves »). Le chanteur est un soutien de Joe Biden depuis la primaire démocrate – ce dernier se présentait notamment sur la musique de The Rising du Boss. Logique, donc, qu’il soit de la partie.

Se sont aussi produits John Legend, les Foo Fighters (qui ont dédié Times Like These aux professeurs), Demi Lovato et les fraîchement reformés The New Radicals avant que Katy Perry ne referme cette soirée d’investiture avec son Firework dans un feu d’artifice géant.

Amanda Gorman, une étoile est née

Mais le moment que tout le monde retiendra de cette journée d’investiture s’est produit dans l’après-midi à Washington. Devant un parterre de VIP, une jeune poétesse de 22 ans qui s’est présentée comme « une fille noire et mince descendante d’esclaves et élevée par une mère célibataire » qui « peut rêver de devenir un jour présidente, et qui se retrouve à réciter un poème pour l’un d’eux ».

Vêtue de jaune, les traits gracieux et élégants, Amanda Gorman a récité avec clarté, style et élégance un poème intitulé The Hill We Climb (« La colline que nous gravissons »). Cette colline est une référence à celle du Capitole, prise d’assaut le 6 décembre, quelques jours seulement après que Jill Biden, la femme du 46e président, ne lui commande un poème pour le jour d’investiture après qu’elle l’ait découverte à une de ses lectures.

Amanda Gorman vient de Los Angeles et, comme Joe Biden, souffrait de bégaiement. A l’instar du président, c’est en lisant et en récitant des poèmes qu’elle a surmonté ce handicap. A 16 ans, elle gagnait son premier prix de poésie. Six ans plus tard, elle récite un texte sur l’Amérique qui ne cherche pas à cacher les blessures et les défis auxquels le pays doit faire face.

« Et oui, nous sommes loin d’être polis, loin d’être parfaits, mais cela ne signifie pas que nous nous efforçons de former une union parfaite. Nous nous efforçons de forger notre union avec un but. Pour composer un pays qui embrasse toutes les cultures, couleurs, caractères et conditions de l’homme ».

« Car être Américain est plus qu’une fierté dont on hérite. C’est le passé sur lequel nous marchons et la façon dont nous le réparons. Nous avons vu une force qui briserait notre nation plutôt que de la partager. Qui détruirait notre pays en retardant la démocratie. Cet effort a presque réussi. Mais alors que la démocratie peut être par moments retardée, elle ne peut pas être défaite de manière permanente  (…) Parce qu’il y a toujours une lumière. A nous d’être assez forts pour la voir. A nous d’être assez forts pour l’être ».

Une étoile est née.

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