David Bowie : le choix des hommages

L’icône disparaissait le 10 janvier 2016. Cinq ans plus tard, documentaires en télé, rééditions discographiques, spéciales radio et nouveaux livres rappellent qu’il fascine toujours. Une célébration qui se doublent parfois d’une pure exploitation commerciale de son œuvre.

David Bowie - BelgaImage

Dans une interview exclusive à lire dans Moustique le mois prochain, les Foo Fighters avouent avoir pensé à “Let’s Dance” au moment d’enregistrer leurs nouvelles ­compositions. Voici deux mois, c’est Jehnny Beth, la charismatique chanteuse du groupe Savages (et présentatrice de l’excellente émission rock Echoes with… sur Art), qui nous disait combien l’album de Bowie « Darkastar » l’avait guidée pour composer son premier disque solo « To Love Is To Live ».  Sur Spotify, on ne compte plus les playlists thématiques qui lui sont consacrées. Ses ayants droit publient avec une régularité rigoureuse du matériel où l’intéressant côtoie le redondant. Les télés, les radios et le monde de l’édition ne sont pas en reste. Cinq ans après sa disparition, Bowie vit toujours.

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Les disques : pour les collectionneurs

Ce vendredi 8 janvier, date du 74e anniversaire de la ­naissance de Bowie, est paru un single collector numéroté. Il contient deux reprises inédites que Bowie a enregistrées en 1998 et 2001. Mother devait figurer sur un album hommage à John ­Lennon qui n’est jamais sorti et Tryin To Get To Heaven est une chanson – secondaire avouons-le – de Dylan. Le 22 janvier, l’album – incontournable, lui – “Station To Station” (1976) ressort pour son 45e anniversaire. Cette ­nouvelle édition n’aligne aucun inédit, mais paraît – toujours pour séduire les collectionneurs – dans une version vinyle colorisée avec face A rouge et face B blanche. Le disque qui le voit renaître en Thin White Duke… sous les effets de la cocaïne comme il le chante sur la plage titulaire.

En télé : un Must sur LaTrois

Ce dimanche 10 janvier, date du cinquième anniversaire de sa mort, La Trois consacre sa soirée à David Bowie en enchaînant deux documentaires. Produit par la BBC, The Last Five Years retrace les cinq dernières années de l’existence de l’artiste. Touché par la maladie et reclus à New York, il reste pourtant particulièrement créatif. On le voit travailler sur ses trois derniers projets artistiques: les albums “Next Day” et “Blackstar” ainsi que la comédie musicale Lazarus. Les images d’un Bowie amaigri mais souriant (les dernières images de lui qui ont été filmées) prises lors des répétitions de Lazarus, quelques semaines avant sa mort, sont particu­lièrement émouvantes. Pour nous, c’est le must de tous les hommages consacrés à Bowie. Plus classique et généraliste dans son écriture, Legends, second documentaire proposé ce dimanche par La Trois, décline les différents visages et virages pris par Bowie au cours de sa carrière. On n’y apprend pas grand-chose.

En streaming/VOD : enfin Lazarus

Ce vendredi 8 janvier, le concert A Bowie Celebration, en live depuis New York, est proposé en VOD (payant) sur la plateforme https://rollinglivestudios.com. Autour de Mike Garson, fidèle claviériste de Bowie, une pléthore d’artistes ayant ­collaboré avec Bowie (son producteur Tony ­Visconti, Peter Frampton, Trent Reznor de Nine Inch Nails ou le guitariste Carlos Alomar) reprendront son répertoire.

Il est aussi enfin possible de découvrir Lazarus, la comédie musicale mise en scène par notre ­compatriote Ivo van Hove. Inspiré du roman de Walter Travis The Man Who Fell To Earth, Lazarus avait été créé le 15 novembre 2016 à New York, deux mois avant la mort du chanteur. Bowie, qui avait tenu le rôle principal dans l’adaptation cinématographique du roman faite par le réalisateur Nicolas Roeg en 1976, a participé à l’écriture et signé toute la B.O. de ce spectacle. Une représentation spéciale est proposée les 8, 9 et 10 janvier, en diffusion payante et sous-titrée, sur la plateforme https://dicefm!  Séance de rattrapage aussi sur Netflix avec le film Le prestige, petit bijou réalisé par Christophe Nolan en 2006. Bowie y incarne le savant fou Nikola Tesla sur fond d’une rivalité entre deux prestidigitateurs.

En radio : ça se passe sur Classic 21

Depuis le 4 janvier, Classic 21 diffuse quotidiennement une série inédite en 10 épisodes de Laurent Rieppi. Notre estimé confrère a recueilli de très nombreux nouveaux témoi­gnages à propos du travail artistique de David Bowie – notamment ceux du producteur Tony Visconti et de la bassiste Gail Ann Dorsey qui l’a accompagné sur ses dernières tournées mon­diales. Tout au long de la journée du 10 janvier, date anniversaire de sa disparition, Classic 21 propose également une programmation musicale “spécial Bowie”.

En librairie : encore des bios

Nous vous avons déjà dit tout le bien qu’il faut ­penser de Bowie – Les livres qui ont changé sa vie, ouvrage offrant une entrée originale dans l’œuvre de l’artiste. Également publié à l’occasion du ­cinquième anniversaire de sa mort, Rainbowman 1983-2016 est le second copieux volet de la biographie du chanteur par Jérôme ­Soligny. Elle a le mérite de creuser au plus profond de disques essentiels – mais pas toujours reconnus comme tels à leur parution dans les années 90 – comme “Outside: 1”, “Earthling” ou “Heathen”. À l’affût des nouvelles tendances, Bowie s’y réinventait sous l’influence de Moby, Nine Inch Nails, Marilyn Manson ou de la scène drum & bass.

Et la suite?

Planifiée par Bowie et entamée avant sa mort, la série de coffrets “Five Years” va s’enrichir en 2021 d’un box consacré aux années 1988-2001. Outre les albums officiels “Outside: 1”, “Earthling”, “The Buddha Of Suburbia”, “Hours” et “Heathen”, les fans espèrent y trouver des remixes de cette époque réalisés par David Lynch, Moby, Pet Shop Boys et Trent Reznor (Nine Inch Nails). Les forums web évoquent aussi la parution en format physique de l’album inédit “Toy”. Disponible en digital ou en bootleg, “Toy” aurait dû être le vingt-troisième album studio de Bowie.

Enregistré en 2000, ce projet avait été refusé par le label Virgin qui ne le jugeait pas assez commercial. Il est aussi question d’un repackaging des albums (deux disques studio, un live) de Tin Machine, groupe éphémère formé par un Bowie en manque d’inspiration en 1988. Aux côtés de membres de Stooges, Bowie essayait de se raccrocher à la vague rock indie américaine qui cartonnait alors. Commentaire de Thurston Moore, leader de Sonic Youth et pourtant grand fan de Bowie: “des papys en costard volant dans des jets privés qui essaient de sonner comme un groupe d’ados répétant dans le garage familial”. Le ­premier disque homonyme vaut le détour, oubliez les deux autres.

A BOWIE CELEBRATION, https://rollinglivestudios.com
LAZARUS, du 8 au 10/1. https://dicefm!
RAINBOWMAN 1983-2016, Jérôme Soligny, Gallimard, 656 p.
BOWIE – LES LIVRES QUI ONT CHANGÉ SA VIE, John O’Connell, Presses de la Cité, 364 p.  
David Bowie: The Last Five Years , dimanche 10 La Trois 20h35
Legends dimanche 10 la trois 22h05
Le prestige Netflix

 

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