De plus en plus de femmes derrière les caméras d’Hollywood

Même si cette année envoie un signal plutôt positif et bat des records, nous sommes encore loin de la parité dans le milieu du cinéma américain.

Cathy Yan est la réalisatrice qui a le plus de succès cette année, avec

Des femmes devant les caméras, il y en a quasi toujours eu. Depuis les débuts. Mais aujourd’hui encore, de nombreux films ne passent pas le Test de Bechdel. Il n’a rien de scientifique, mais permet de se rendre compte de la représentation féminine dans les œuvres de fiction. Un film passe le test s’il contient une scène où deux personnages féminins se parlent entre elles d’autres choses que d’un homme. Cela semble banal, pourtant un film sur deux échoue…

Néanmoins, même s’il peut bien faire bien mieux, le cinéma a toujours donné du travail aux actrices. Derrière les caméras, c’est une toute autre histoire. On est encore plus loin de la parité. Plusieurs collectifs et associations l’ont bien compris et sensibilisent à ce problème, qui concerne une industrie qui pèse tout de même des centaines de milliards de dollars. Depuis Los Angeles, Women In Film, « qui défend et fait progresser les carrières des femmes travaillant dans les industries de l’écran pour atteindre la parité et transformer la culture » ou même ici, à Bruxelles, comme le festival « Elles Tournent », qui met avant des réalisatrices du monde entier, et dont la 13e édition aura lieu gratuitement en ligne, Covid oblige, à la fin du mois.

Pour voir l’évolution de la place de la femme dans l’industrie du cinéma côté coulisses, le Centre de Recherches sur la Femme au Cinéma et à la Télévision, lié à l’Université de San Diego, publie chaque année son étude intitulée « Celluloid Ceiling » (plafond de celluloïde, en référence au fameux « plafond de verre »).

Elle analyse depuis 23 ans le nombre de femmes qui occupent un rôle essentiel dans la production des plus grands succès de l’année: réalisatrice, scénariste, productrice, productrice exécutive, monteuse, directrice photo/cheffe opératrice sont les métiers comptabilisés. 

L’édition 2020 vient de paraître et analyse le top 100 et le top 250 de l’année aux Etats-Unis.

C’est mieux, mais pas encore assez

Les résultats de l’année qui vient de s’écouler battent tous les records précédents. Sur le top 100 des films de l’année, 21% des fonctions majeures étaient occupées par des femmes (23% dans le top 250). Une belle différence face à 2016 (14% dans le top 100 et 17% dans le top 250).

Un peu plus d’un femme pour 4 hommes donc. C’est mieux, mais on n’est encore très loin de la parité. Et entre certains métiers, la différence est énorme. 

Dans les films du top 100, 28% des producteurs sont des femmes, contre seulement 3% des directeurs de la photographie, un chiffre qui oscille entre 2 et 3% ces dernières années.

Au poste de réalisateur, rôle majeur s’il en est, les femmes sont de plus en plus présentes dans le top 100. On comptait 16 réalisatrices cette année, et 12 en 2019. 

« La bonne nouvelle, c’est que cela fait désormais deux années d’affilée qu’on voit une croissance. Avant, la tendance historique était d’une augmentation une année, une baisse la suivante. La mauvaise nouvelle, c’est que 80% des films les plus populaires n’ont pas de femmes aux commandes », a commenté le docteur Martha Lauzen, fondatrice du centre de recherches. « Presque 70% des films emploient moins de cinq femmes à ces postes importants. »

Des réalisatrices pour les super-héros

Au Box Office mondial pour 2020, pointons tout de même Birds of Prey (9e) et Wonder Woman 1984 (11e), deux films de super-héros réalisés respectivement par Cathy Yan et Patty Jenkins.

Pas le genre de films dont on attend qu’ils soient associés à ce genre de progrès au premier abord. Pourtant, comme le souligne le Dr. Lauzen, « deux des films les plus attendus de 2020, mais qui ont été reportés, étaient Black Widow, réalisé par Cate Shortland et Eternals, réalisé par Chloe Zhao ». Il s’agit de deux films des studios Marvel, qui ont décidé de faire de la diversité un cheval de bataille de leurs blockbusters.  Des sorties repoussées sans qui les chiffres de 2020 auraient probablement été encore meilleurs.

Espérons que ces résultats encourageants sont une preuve que les mentalité de ce milieu évoluent et non pas une conséquence de la crise sanitaire…

A noter que selon les résultats de Metacritic, site qui rassemble les critiques de différents journalistes pour donner une note moyenne, sensée être représentative de l’avis de la presse, aux œuvres culturelles, 3 des 10 films les plus appréciés par les médias cette année ont été réalisés par des femmes et sont déjà multirécompensés : Nomadland (Chloe Zhao), Lion d’Or de la Mostra de Venise, Never Rarely Sometimes Always (Eliza Hittman), Ours d’Argent à la Berlinale et First Cow, meilleur film aux New York Film Critics Circle Awards.

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