8 expos à voir en décembre pour fêter la réouverture des musées

Dès ce mardi, les musées et autres lieux d'exposition peuvent rouvrir leurs portes au public. Mais que peut-on y voir? Voici notre sélection.

8 expos à voir en décembre pour fêter la réouverture des musées

Sortez votre agenda que l’année 2020 a laissé vierge ou raturé! La culture reprend des couleurs, avec la réouverture des musées. En trois jours seulement, ces lieux d’exposition pris de court par l’annonce du Comité de concertation ont dû s’organiser afin d’être prêts à accueillir à nouveau des visiteurs, tout en respectant un strict protocole sanitaire. Tous rouvriront ce mardi, ou dans les prochains jours, avec une offre de qualité. Tour d’horizon.

La plus foisonnante : Warhol – The American Dream Factory

Marilyn Monroe, Elvis Presley, Liz Taylor, Jacqueline Kennedy, Madonna, Coca-Cola… Andy Warhol (1928-1987) choisit des mythes de masse comme sujets. “J’aime tout mettre au même niveau”, disait-il. Puisant sans complexe dans la grande banque d’image de son temps, il accorde autant d’attention à une conserve de soupe qu’à l’écrivain Truman Capote – pourvu que cela concerne le rêve américain. Pour ce fils d’émigrants slovaques qui, à 20 ans, quitte sa ville natale de Pittsburgh pour New York et entame une carrière d’illustrateur publicitaire, le succès et la réussite sont très attirants puisqu’en Amérique, ce n’est pas un péché. “Acheter est bien plus américain que penser”, affirme Andy Warhol.

Dans les années 60, l’actualité s’accélère – crise de Cuba, assassinat de JFK, lutte pour l’émancipation des homosexuels, flower power… Warhol flaire l’air du temps et la société de consommation. Il en tire le portrait, sur le principe de la sérialisation des images – un sujet est décliné en plusieurs exemplaires avec des variantes de couleurs. C’est l’époque des boîtes de soupe Campbell, des Marilyn. Son lieu de travail, la Factory à New York, véritable ruche en partie reconstituée à Liège, accueille artistes et personnalités de la contre-culture, stars ou marginaux, riches ou pauvres, straights ou gays.

Andy crée des pochettes de vinyles – les deux plus célèbres restant celle à la banane du Velvet Underground et celle de “Sticky Fingers” (jeans à la braguette) des Rolling Stones. Il réalise aussi des films, loin des standards de Hollywood. Le 3 juin 1968, la féministe Valerie Solanas tire sur Warhol et le blesse. Il s’en sort, mais ce sera un tournant dans sa vie. La démarche artistique d’Andy est devenue un business dont la grande spécialité est la commande de portraits par l’aristocratie des people.

En 1984, Regan fait campagne sur le thème “It’s morning again in America”. Mais qui partage cet optimisme alors qu’un nouveau fléau, le sida, fait rimer sexe et mort? C’est le bouillonnement de la culture punk, de l’art de la rue, de la culture gay. Dandy à perruque blonde, il collabore avec Jean-Michel Basquiat et Keith Haring. Riche et célèbre, Warhol est désormais une icône, parfois jusqu’à la caricature. Et en 1987, tout s’arrête à la suite d’une banale intervention chirurgicale. Il n’avait que 58 ans. Pour raconter ce foisonnant créateur pour qui “l’art est la glorification de rien”, l’équipe de Tempora a su aménager entre les œuvres (près de 300!) une série de “sas” explicatifs ménageant la transition d’une décennie à l’autre. Dense, varié, bien scénarisé, le parcours vaut que l’on y prenne son temps. Un passionnant rendez-vous!

ANDY WARHOL – THE AMERICAN DREAM FACTORY, jusqu’au 28/2/21. Musée de La Boverie 3, 4020 Liège. www.laboverie.com

Warhol

La plus attendue: Roy Lichtenstein

C’est l’un des grands événements de la saison culturelle belge. À partir de ce samedi, le public pourra – enfin – découvrir l’exposition phare du Musée des Beaux-Arts de Mons, consacrée à l’une des figures emblématiques du pop art, Roy Lichtenstein. Intitulé « Visions multiples », le parcours présente l’artiste américain au style inimitable, à travers une centaine d’œuvres et une variété de techniques.

La plus belge: Comès

Maître du noir et blanc et de la narration muette, Didier Comès est à l’honneur au musée BELvue. Monument discret de la bande dessinée belge, l’artiste ardennais a marqué toute une génération de lecteurs avec son œuvre majeure, Silence. L’histoire de ce simple d’esprit sourd-muet est indissociable du personnage de Comès, marqué par toutes les formes de rejet, d’exclusion et de violences. Son art en sera animé, avec des récits peuplés de marginaux et d’opprimés qu’il veut sortir de l’ombre.

La plus musicale: Great Black Music

400 ans de « musiques noires » sont à découvrir aux Halles de Schaerbeek, à travers des centaines de documents sonores et audiovisuels, de films et de photographies. N’oubliez pas vos propres écouteurs pour ce parcours où le son est omniprésent.

La plus exceptionnelle: Giacometti

Décidément, Liège a de quoi attirer les amateurs d’art en cette fin d’année. Outre Andy Warhol au musée de la Boverie et Toutankhamon à la gare, la Cité ardente accueille également à la Cité miroir l’un des artistes les plus chers du marché: Alberto Giacometti. Dans l’immense espace de l’ancienne piscine de la Sauvenière, les petites sculptures en bronze fascinent d’autant plus. Un ticket combiné est d’ailleurs disponible pour les trois expositions.

La plus sauvage: Zoo

Il faudra patienter jusqu’au 12 décembre pour découvrir la septième exposition du MIMA. À travers des œuvres anthropomorphes, onze artistes internationaux venus d’horizons divers se servent des animaux et des objets pour porter un autre regard sur notre propre nature.

La plus mode: Masculinities

Au Musée Mode et Dentelle de Bruxelles, l’exposition Masculinities – au pluriel, s’il vous plaît – retrace l’histoire de la garde-robe masculine, brisant ainsi certains stéréotypes, pour inviter les visiteurs à repenser la notion de « masculinité ».  

La plus impressionnante: Tim Walker

Après une pause forcée, le C-mine de Genk rouvre ses portes à partir de ce mercredi. L’occasion de découvrir la plus grande exposition consacrée à Tim Walker, photographe de mode qui a vu passer devant son objectif une multitude de célébrités comme Tilda Swinton, Alexander McQueen, David Attenborough et Grace Jones.

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