Coronavirus: l’épidémie fait bondir les ventes du roman « La Peste »

Ce classique d'Albert Camus connaît une nouvelle vie en librairie depuis le début de la crise du Covid-19.

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À chaque crise, semble-t-il, son livre référence. Après l’attentat de Charlie Hebdo, nombreux se sont rués sur le Traité pour la tolérance de Voltaire pour retrouver du sens ; après le 13 novembre 2015, c’est Paris est une fête de Hemingway qui avait mis du baume au cœur; quand Notre-Dame de Paris a brûlé, le roman de Victor Hugo a consolé. Chacun de ces trois livres avaient connu une nouvelle vie en librairie. A l’heure du coronavirus, c’est La Peste d’Albert Camus qui voit ses ventes bondir.

Selon Edista qui classe les estimations de ventes de livres en France, l’édition poche de La Peste (Folio) a connu un pic d’intérêt depuis le début de la crise du coronavirus aux premières heures de 2020. Fin janvier et début février, il s’en est vendu deux fois plus qu’à la même période un an plus tôt, avec un pic de ventes à 1.700 exemplaires la dernière semaine de janvier, alors que le coronavirus commençait à faire les gros titres de l’actualité. A l’heure actuelle, le livre se vend encore deux fois plus qu’il y a un an.

Il n’y a pas qu’en France… L’Italie, sévèrement touchée par le coronavirus (plus de 2.000 personnes contaminées et une cinquantaine de victimes), s’est aussi tournée vers le roman d’Albert Camus. Selon La Reppublica, ses ventes ont augmenté de 180% sur Amazon, le classant dans le top 5 du site de vente en ligne. Il est également classé dans le top 10 du libraire en ligne Ibs.

Publié en 1947, La Peste relate, du point de vue d’un médecin, une épidémie de peste bubonique qui a touché la ville d’Oran, en Algérie (alors française) et chronique la vie de ses habitants au jour le jour alors que la ville est coupée du monde extérieur. A l’époque, la peste était une métaphore du nazisme et des années d’occupation. Aujourd’hui, le roman se lit dans son sens premier.

Film et jeu vidéo

À noter que cet attrait ne se limite pas à la littérature. Ainsi, Contagion, thriller scientifique de Steven Soderbergh sorti en 2011 s’est retrouvé en tête des téléchargements sur iTunes fin janvier. Le film raconte comment une femme d’affaire américaine contracte un virus à Hong Kong et le rapporte aux États-Unis où il fait des ravages, tuant quelques 26 millions de personnes à travers le monde en un mois.

Enfin, le jeu vidéo Plague Inc. Dans lequel un virus se répand sur la planète revient au sommet des ventes à chaque crise sanitaire. ″À chaque épidémie, nous constatons une augmentation du nombre de joueurs, car les gens cherchent à connaître la façon dont les maladies se propagent et à comprendre les aspects complexes des épidémies”, a expliqué Ndemic Creations, la société créatrice du jeu, dans un communiqué. Elle en a profité pour rappeler que Plague Inc. n’a pas valeur scientifique…

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