La Corée du Sud de la culture cache plus d’un « Parasite »

Le film de Bong Joon-ho qui a triomphé aux Oscars n'est que le sommet de l' « Hallyu », la vague coréenne qui balaie la culture mondiale depuis une quinzaine d'années. Petit tour d'horizon.

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Le triomphe de Parasite aux Oscars ne vient pas de nulle part. Il est dû au talent du réalisateur Bong Joon-ho, bien sûr. Mais il vient aussi de plus loin, d’une politique culturelle mis en œuvre au début des années 2000 qui a pris le nom d’  « Hallyu » (« la vague ») et qui s’est imposée dans toute l’Asie avant de se faire sentir aux quatre coins du globe, jusqu’à Hollywood. Voici un petit tour d’horizon non exhaustif de ce qui constitue le soft power coréen.

Quand on pense culture pop coréenne, on pense forcément K-pop. Premier pilier de l’  « Hallyu », la K-pop est un phénomène de masse sans précédent. En Occident, on en a eu un premier aperçu avec le Gangnam Style de Psy. Mais c’est surtout le boy band BTS qui marque son temps. Fondé en 2010, ce groupe de sept garçons est un phénomène digne des Beatles, battant tous les records de vente au point de compter pour 4,5 milliards d’euros (soit 0,3%) du PNB de la Corée (loin derrière Samsung, mais proche de Korean Airlines). En Occident, la vague BTS est aussi puissante. Il s’agit par exemple du premier groupe asiatique à obtenir un disque d’or aux Etats-Unis ou à remplir le stade de Wembley. En 2019, leur tournée a rapporté près de 200.000 dollars, soit la tournée la plus lucrative derrière celles de Ed Sheeran et P!nk. Et la musique? Franchement, c’est de la pop mainstream haut de gamme, façon Justin Timberlake puissance 7 made in Seoul.

Vous êtes plutôt branché rock  ? Alors, jetez plutôt une oreille à Jambinai. Ce groupe fondé à Séoul en 2009 offre un mélange de post-rock, de metal et d’instruments traditionnels du pays. Comme si Metallica rencontrait Sigur Ros sur les bords du fleuve Han. Signés sur le label britannique Bella Union, Jambinai a sorti trois albums et se produit régulièrement en Europe dans le circuit rock indépendant.

L’autre spécialité de la Corée, ce sont les K-dramas, les séries dramatiques. Comme pour la K-pop, il s’agit d’un vrai phénomène de masse. D’ailleurs, il n’est pas rare de voir des stars de la musique se retrouver à l’affiche de la série, une des particularités de l’ «  Hallyu  » étant de créer des synergies entre les industries du divertissement. Une des séries coréennes les plus populaires et les mieux notées est Sky Castle, saga familiale, satire et comédie dramatique, dont l’esprit n’est pas très éloigné de Parasite.

Et puis, avant Bong Joon-ho, il y a eu son maître à penser, Park Chan-wook, lequel nous avaient amené le cultissime Old Boy en 2003. Son dernier film en date, Mademoiselle (2016), est un thriller psychologique et érotique qui s’était fait remarquer à Cannes. On lui doit aussi une adaptation de Thérès Rasquin d’Emile Zola en mode horreur, Thirst, ceci est mon sang, qui avait reçu le Prix du Jury au même festival de Cannes en 2009.

Quant à Bong Joon-ho, Parasite n’est pas son coup d’essai. Si l’Occident l’a surtout connu avec Le Transperceneige et Okja (disponible sur Netflix), son grand-oeuvre initial reste Memories of Murder (2003), thriller policier basé sur une histoire vraie qui est toujours considéré comme un des meilleurs films sud-coréens de tous les temps.

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