Les Magritte : on y était, on vous raconte

La 10ème cérémonie des Magritte a distribué ses statuettes, sous la présidence de Pascal Duquenne et sur le rythme insufflé par Kody, le maître de cérémonie.

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Duelles d’Olivier Masset-Depasse, Le jeune Ahmed des frères Dardenne, Seule à mon mariage de Marta Bergman, Lola vers la mer de Laurent Micheli ou l’excellent Nuestras Madres de César Diaz squattaient bon nombre de catégories (et non des moindres) avec plusieurs nominations chacun.

Si les professionnels ont des attentes par rapport à une telle cérémonie, le public en espère avant tout un spectacle. Cette année, la pression était maximale sur les épaules de l’humoriste Kody (Le Grand Cactus mais aussi un rôle important dans le dernier Olivier Van Hoofstadt, Lucky), surtout après l’excellente prestation d’Alex Vizorek l’an dernier. Difficile de lui succéder. Malgré une ouverture en mode diesel, l’humoriste est revenu à la charge avec les difficultés économiques habituelles au cinéma belge et quelques scuds envoyés ici et là à la présence princière et à l’administrateur général de la RTBF. Efficace.

Une pluie d’invités avaient traversé la frontière : l’invitée d’honneur Monica Bellucci, José Garcia, Jeanne Balibar, Dany Boon. Et le meilleur du cinéma belge : les Dardenne, Veerle Baetens, Anne Coesens, Yolande Moreau, Cécile de France. Sur le papier, la soirée va être réussie. Et l’émission aussi.

Sauf que. Il y a une grande différence entre le vécu de ceux (une niche) qui étaient dans la salle et celui des téléspectateurs qui espèrent avant tout un spectacle.

La cérémonie a commencé sur un court mais intense instant d’émotion avec l’annonce de l’ouverture de la cérémonie par le président Pascal Duquenne. Ensuite, il y a eu à boire et à manger.

En bref.

Les bons moments : la fausse capsule CINEVOX sur le tournage de « Cassiopée » de Bambi Peeters ( !), les interventions de Jean-Claude Van Damme quand les discours étaient trop longs, le pas de deux entre Kody et la chorégraphe Michèle Noiret, la beauté et le discours de Monica Bellucci, la toujours excellente Laurence Bibot, le sketch « Tout le monde veut prendre son Magritte » avec Charlie Dupont et Alex Vizorek, le réalisateur flamand Tim Wielants qui plaide pour plus de coproductions entre Flandre et Wallonie, le discours faussement méprisant de Stéphane Guillon, le « merde » au JCVD castrateur de Myriem Akheddiou et le discours du médecin d’un Bouli Lanners cloué au lit pour son Magritte du meilleur acteur.

Les flops : une trop longue séquence d’ouverture avec Julie Gayet. Plusieurs séquences d’introduction également trop longues. Une réalisation poussive, un cruel manque de rythme. Certaines vannes qui ne font rire qu’avec politesse, et encore. Des discours qui enfoncent des portes ouvertes. Un son épouvantable. Une Jeanne Balibar qui s’y croit. Et on résume, trop de remettants français.

Côté prix, des deux grands favoris, c’est « Duelles » (youppie, un film de genre… enfin !!) qui a raflé le plus de statuettes (neuf sur dix !), dont les principales : meilleur film, meilleure réalisation pour Olivier Masset-Depasse et meilleure actrice pour Veerle Baetens. On aurait pourtant tellement aimé que les deux comédiennes du film le reçoivent en duo !

Moralité : il ne faut pas que la Belgique compète plus haut que son cul et imite trop les cérémonies internationales. Ça, c’est réussi. Il faudrait juste un peu plus de rythme, une réalisation au taquet, de l’authenticité. Autant d’éléments qui ont fait défaut cette année. On a une spécificité : l’autodérision. Mais à certains égards, l’émission de télé (pas la soirée proprement dite) avait un côté amateur. Et pour paraphraser Stéphane Guillon : «Sachons rester simple, modeste. Français !»

Le palmarès 2020 :

Mya Bollaers, meilleur espoir féminin pour « Lola Vers la mer » de Laurent Micheli

Idir Ben Addi, meilleur espoir masculin pour « Le jeune Ahmed » des frères Dardenne

Olivier Masset-Depasse er Giordano Gederlini, meilleur scénario original ou adaptation pour « Duelles »

« Nuestras Madres » de César Diaz, meilleur premier film

Damien Keyeux, meilleur montage pour « Duelles » d’Olivier Masset-Depasse

Hichame Alaouié, meilleure image pour « Duelles » d’Oliver Masset-Depasse

Catherine Cosme, meilleurs décors pour « Lola vers la mer »

Claudine Tychon, meilleurs costumes pour « Seule à mon mariage » de Marta Bergman

« Matriochkas » de Berangère McNeese, meilleur court-métrage de fiction

« La foire agricole » de Vincent Patar et Stéphane Aubier, meilleur court-métrage d’animation

Frédéric Vercheval, meilleure musique originale pour « Duelles » d’Oliver Masset-Depasse

Marc Bastien et Thomas Gauder, meilleur son pour « Duelles » d’Oliver masset-Depasse

« De Patrick » de Tim Mielants, meilleur film flamand

Arieh Worthalter, meilleur acteur dans un second rôle pour « Duelles » d’Olivier Masset-Depasse

Myriem Akheddiou, meilleure actrice dans un second rôle pour « Le jeune Ahmed » des frères Dardenne

Olivier Masset-Depasse, meilleure réalisation pour « Duelles »

« Mon nom et clitoris » de Lisa Billuart Monet et Daphné Leblond, meilleur documentaire

« Sorry we missed you » de Ken Loach, meilleur film étranger en coproduction

Bouli Lanners, meilleur acteur pour « C’est ça l’amour » de Claire Burger

Veerle Baetens, meilleure actrice pour « Duelles » d’Olivier Masset-Depasse

« Duelles » d’Olivier Masset-Depasse, meilleur fil

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