Le docu à voir pour comprendre (vraiment) Star Trek

Star Trek Picard vient enfin d’apparaître sur Amazon Prime. Emoi des Trekkies. Incompréhension du reste de l’univers. Pour découvrir ce phénomène à part, on n’a rien trouvé de mieux que l’épisode Star Trek de la formidable série The Toys That Made Us.

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The Toys That Made Us, disponible chez nous sur Netflix, c’est une série de documentaires joyeux, qui reviennent sur l’histoire des jouets cultes: Lego, Transformers, GI Joe, Star Wars et, parce que l’un ne va pas sans l’autre, Star Trek. Et en voyant l’histoire dingue des figurines et autres produits dérivés qu’a généré la série télé, puis les films de Star Trek, on a trouvé une vraie explication du côté atypique de la saga. Là où Star Wars a fait un quasi sans faute en matière de produits dérivés et posé les bases du merchandising, Star Trek, comment dire… A enchaîné les ratages, les absurdités et les occasions manquées. La galerie de jouets débiles tient du génie. On en pleurait de rire. Les collectionneurs eux-mêmes, interviewés, ne sont pas dupes. Là où le collectionneur de Star Wars se pâme devant le Boba Fett à missile quasi introuvable, le trekkie montre ses pistolets incongrus avec un sourire taquin. On s’était promis de ne pas opposer Han Solo et Kirk, on voulait éviter d’opposer ces deux univers et leurs adeptes. Mais à voir les deux épisodes de Toys That Made Us qui les concernent, y a pas moyen de l’éviter (Djadja).

L’infâme Spock Helmet

On démarre donc aux premiers produits issus de la franchises, des années après que le show ait été un succès à la télé. Le principe du jouet Star Trek était alors: prends un gadget débile et mets-y un autocollant et un nom martial, ça fera l’affaire. C’est comme cela que Remco, par exemple, vide ses stocks de crasses et ses fonds de placards en les rebrandant. Mention spéciale au casque lampe, devenu culte à force d’ignominie. On y a cru, plus tard, avec les action figures Mego, qui ont même affiché une vraie ressemblance avec les héros et une qualité bluffante. Ça a même failli marcher… Jusqu’à la faillite. Les films arrivent et cartonnent? Pas de jouets à vendre au public. Ils seront là lorsque les longs-métrages se vianderont au box-office. Ce qui reste de l’épisode, c’est un frémissement de nostalgie, l’impression d’entrer dans un univers riche, avec des valeurs, des idées, folles comme foutraques, du talent et de la nullité crasse, de l’innovation et de la ringardise… On en garde aussi cette frustration, face à tout ce que Star Trek aurait pu être. Star Trek qui, aujourd’hui, avec Picard, relève la tête. Star Trek qui a survécu à J.J. Abrams. Star Trek où, malgré toutes les idées les plus invraisemblables qui ont jalonné ses épisodes, on n’a jamais fait charger les chevaux de Rohan sur un vaisseau spatial pour débrancher une antenne. Live long and prosper.

Et Picard?

On a pensé quoi, de l’épisode paru aujourd’hui sur Amazon Prime? Du bien. Beaucoup. Déjà parce qu’on y renoue avec ce qui selon nous fait partie de l’essence de la série: ses valeurs, ses messages de fraternité. Ensuite quel bonheur de retrouver Patrick Stewart, impeccable dans son rôle de capitaine de l’Enterprise à la retraite depuis Nemesis (2003), qui repart à l’enquête pour aider Dahj, qui vient d’échapper à une tentative d’assassinat (et disparaît juste après l’avoir appelé à l’aide). Star Trek Picard nous fait voyager sans nous emmener dans l’espace. Elle réussit à s’ouvrir à un nouveau public par des explications et rappels. Elle évite la tentation du fan service et du clin d’œil aux fans, pour proposer une vraie aventure, avec un scénar qui tient la route. Une vraie bonne surprise. S’il y avait des figurines, on les commenderait…  

The toys that made us, sur Netflix ***
Star Trek Picard, sur Amazon Prime ***

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