Arno à l’AB, c’était magnifique

Le chanteur de charme lançait ce jeudi sa série de trois concerts complets à Bruxelles. Entre rock dur et mots pleins d'émotion, il a livré une prestation parfaite en forme de bilan.

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Qu’est-ce que nous aimons ce mec… A septante ans, Arno continue à faire du Arno sur scène et ça fait un bien fou. Ce jeudi, pour le premier de ses trois passages complets à l’Ancienne Belgique, il a livré un concert cinq étoiles. Celui où on arrive le sourire aux lèvres et dont on repart les yeux pleins d’étoiles. A chaque fois avec lui, on se dit qu’il ne va rien se passer de différent. Et à chaque fois, il nous bluffe.

En près de deux heures, Arno synthétise un répertoire de plusieurs décennies. En près deux heures, il parcourt sa vie. Avec des sonorités très dures, des musiciens qui lâchent tout, des vannes dans les trois langues nationales, du surréalisme à la Belge, de l’émotion. Et quelques plantages aussi qui ne font qu’ajouter du piment  à la magie de l’instant présent (quand son prompteur tombe en panne et qu’il nous dit «merde, je crois que j’ai un problème technique »).

Santeboutique et T.C. Matic

Arno ouvre son set avec le très engagé The Are Coming. Il enchaîne avec la ritournelle (« liedje » en flamand) Chic et pas Cher et  passe ensuite au cataclysmique Que Pasa. Soit un titre de son dernier album « Santeboutique », un morceau du milieu de ses années solo et un pépite exhumée du catalogue de son groupe T.C. Matic « bien avant le Coke Zero« ). Toute la setlist est construite de cette manière. Arno remonte et redescend le temps. Avec des nouveautés, des hymnes et du back-catalogue qui n’a pas pris une ride (cf. sa version de Middle Class And Blue Eyes de T.C. Matic que ne renierait pas Queens Of The Stone Age). Arno évoque régulièrement sa ville d’Ostende (Oostende Bonsoir), regarde le ciel pour parler à grand-mère, à  pépé  et dire « tu » au petit Jésus.  Arno lance  un  » fuck » à la mort. Arno chante la vie. Avec, certes,  beaucoup de nostalgie, lorsqu’il évoque les moules-frites, les cuisses de cycliste grosses comme celles d’Eddy Merckx, les problèmes de prostate et les « Tjip Tjip » que faisaient les vieux amants de ses tantes. Mais Arno ne reste pas imperméable à l’actualité. Il rigole de la mode bio et de tous ces « trucs en « o » comme Ecolo et Arno« ). Jan Jambon, la N-VA, Trump et Boris Johnson en prennent pour leur grade et c’est fait de manière très drôle.

Final en forme de testament

En bouquet final, Arno  nous sort le package ultime. Un truc de ouf. Un truc de malade. Un coup de maître. O La La la toutes lumières allumées, Dans Les Yeux de ma mère en piano/voix, Putain Putain en mode turbo et, last but not least, Les Filles du bord de mer de son pote Adamo avec couplet en ostendais. Plus qu’une cascade de chansons intemporelles, voilà vingt minutes de pur bonheur. Une sorte de testament avec tout les richesses d’Arno et de ce qu’il représente pour son public. Arno, la dernière icône du rock belge. Arno, un artiste qui sait faire rire, pleurer et danser en restant toujours lui-même. Arno, une claque…

Arno ces 24 et 25/1 à l’Ancienne Belgique (complet). Le 27/5, Caserne Fonck.
Photos : Benoît Bouchez

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