Les 5 meilleures séries de 2019

L'année 2019 aura été (très) riche pour le monde des séries. La preuve avec ces cinq découvertes, qui nous ont happés pendant des heures et des heures.

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Chernobyl – La plus édifiante

On a pas tout de suite compris ce qui a motivé Craig Mazin à retracer l’une des pires catastrophes nucléaires de tous les temps. Sans profiter d’un anniversaire en chiffre rond (on commémorera les 40 de la catastrophe en 2026) pour justifier sa démarche, le scénariste, plutôt habitué au registre comique (Very Bad Trip, Scary Movie), explique qu’il faisait initialement des recherches sur l’événement « juste parce que j’étais intéressé par ce sujet« . Fasciné par ce qu’il trouve et par les nombreux témoignages, il s’allie avec Carolyn Strauss (l’une des productrices exécutives de la série) et les deux associés proposent la série à HBO (qui co-produit le show avec la chaîne britannique Sky). « Cette série est née car j’avais une question essentielle: ‘pourquoi la catastrophe de Tchernobyl s’est produite?’« . La réponse à cette question, « plus choquante que l’explosion en elle-même« , est distillée dans les cinq épisodes de cette série diablement efficace et complètement magnétique.

Watchmen – La plus surprenante

Pitchons sans spoiler: le monde ressemble au nôtre, même si l’on n’y a pas de portables et que l’on subit d’étranges pluies de méduses. L’uchronie, comme dans les comics. Ici, fini Nixon. Robert Redford est au pouvoir depuis 1992 – l’acteur apparaîtra d’ailleurs. Les super-héros sont hors-la-loi. Les policiers ne sortent plus à visage découvert et cachent leur profession à tous, depuis qu’un massacre de grande envergure les a visés. Pourtant le calme semble régner… Jusqu’à ce que les suprémacistes blancs de la “Septième Cavalerie” reprennent leurs actions terroristes. Ils portent des masques de Rorschach et sont issus des “white trash” en caravane qui s’entassent dans leur quartier de “Nixonville”. Angela, enquêtrice soi-disant à la retraite, tente d’élucider le meurtre d’un collègue et ami… Et plonge dans ses zones d’ombre. Les deux camps, KKK contre police (mais la césure est-elle si nette?), sont prêts à s’affronter et dévoilent, au fur et à mesure qu’on se prend dans l’intrigue, les ambiguïtés d’une société pas si en paix que ça. 

Sex Education – La plus déjantée

Vous avez aimé Skins ? Vous aller adorer Sex Education. Vibrante, décalée et intelligente, la nouvelle venue de Netflix nous plonge dans le quotidien des élèves de l’école secondaire de Moordale, en Angleterre. Et plus précisément, dans leur découverte du sexe. Mais n’allez pas imaginer qu’elle ressemble aux shows prudes et clichés qui s’attardent aux coulisses des « high school ». C’est même tout le contraire, puisque l’intérêt de Sex Education réside justement dans sa normalisation des relations -quelles qu’elles soient- abordant des thématiques aussi larges que le sexisme, la cause LGBTQI, la masturbation, l’homophobie ou encore les problèmes de confiance en soi. En évoquant la question du sexe, les personnages cherchent à comprendre leur identité. Portée par l’acteur Asa Butterfield, qui joue le rôle d’Otis, la série présente dans le premier rôle un prépubère vierge qui s’associe à la plus active Maeve pour donner des conseils sexuels à des étudiants paumés. Vous suivez ? Une base de connaissances acquise grâce à sa mère, sexologue, incarnée par la brillante Gillian Anderson.

When They See Us – La plus bouleversante

La nuit du 20 avril 1989, une jeune femme de 28 ans nommée Trisha Meili est retrouvée entre la vie et la mort dans les buissons de Central Park. Elle a été sauvagement agressée et violée. Elle restera 12 jours dans le coma et n’aura aucun souvenir de cette nuit-là. Cinq jeunes hommes, – quatre Afro-américains et un Latino : Antron, Kevin, Yusef, Raymond et Korey – ont été reconnus coupables par leurs jurés lors de deux procès séparés en 1990. Les condamnations ont ensuite été annulées en 2002, suite aux aveux du véritable violeur, Matias Reyes, confondu par des preuves ADN.

Un fait-divers sordide, qui démontre le racisme institutionnel qui gangrène tous les rouages de la société américaine, raconté par la série When They See Us. L’histoire est donc « inspirée de faits réels ». Quatre mots imprimés au fer rouge dans le fond de notre rétine. Une phrase qui ne nous lâche pas, tout du long des quatre épisodes de la mini-série de Netflix. Elle suscite indignation, révolte et interrogation face au récit qui se déroule : comment le système judiciaire américain a-t-il pu être si défaillant ?

Years and Years – La plus lucide

Years and Years raconte l’évolution du monde, d’année en année, dans un Royaume-Uni post-Brexit, mais ne propose pas de grand bond en avant. Pas de décors ultra-futuristes, de voitures volantes ou de technologies mirobolantes à la Black Mirror. Juste une sorte de Siri qui permet à la famille de réaliser des appels groupés, et une jeune adolescente en chemin vers le transhumanisme. Du reste, l’évolution du monde se lit surtout sur les écrans de télévision, notamment via l’ascension d’une femme politique populiste (brillante Emma Thompson), avant de venir bouleverser le quotidien de chaque membre de la famille. L’un tombe amoureux d’un réfugié ukrainien discriminé dans son pays pour son homosexualité. L’autre, activiste, est touchée par les radiations d’une explosion nucléaire. Petit à petit, chaque goutte de changement (politique, environnemental, économique) s’accumule et met la famille Lyons à rude épreuve.

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